Guerre ouverte entre les constructeurs et l'UE

Par F.L., le 10 septembre 2007 à 10h48 , mis à jour le 10 septembre 2007 à 11h41

Insatisfaite des efforts des constructeurs en matière de réduction des émissions de CO2, la Commission veut sévir. L'industrie automobile réagit.

Bouchons routes embouteillages © TF1/LCI

Premier des gaz à effet de serre et, en tant que tel, principal accusé du réchauffement climatique, le gaz carbonique est l'une des cibles majeures du protocole de Kyoto qui a défini des objectifs chiffrés de baisse des émissions à l'horizon 2008-2012. Pour les pays européens, le but est fixé à 8% de diminution. Or, l'automobile est une des principales sources de gaz carbonique : elle est responsable à elle seule de 10% du CO2 émis au sein de l'Union européenne. Un accord volontaire de réduction des émissions de gaz des véhicules a donc été conclu entre l'UE et l'Association des constructeurs automobiles européens (ACEA) qui vise la diminution de 25% en 2008 du niveau constaté en 1995 (soit 140 g/km contre 186 g/km) et prévoit une étape supplémentaire en 2012 avec - 35% (soit 120 g/km).

Les dernières années ont déjà été marquées par des progrès importants, puisque les émissions de CO2 de voitures neuves fabriquées au sein des 15 plus anciens membres de l'UE en 2004 ont été inférieures de 12,4% à celles de 1995. Progrès pourtant jugés insuffisants par la Commission européenne, qui envisage des sanctions financières contre les constructeurs qui ne se mettraient pas en conformité avec les objectifs de baisse des émissions de gaz carbonique. La Commission veut présenter son projet au plus tard au premier semestre 2008.

Un objectif chiffré de baisse "totalement naïf"

La révolte gronde chez les constructeurs, parmi lesquels ces objectifs chiffrés sont fortement contestés. C'est notamment le cas de DaimlerChrysler. Cette fronde larvée a éclaté lundi avec la déclaration au journal allemand Handelsblatt du patron de Porsche, Wendelin Windeking, à trois jours de l'ouverture du salon automobile de Francfort. Selon lui, les patrons de groupes automobiles européens ont décidé de s'unir pour combattre le projet de l'Union européenne. Il juge l'objectif chiffré de baisse "totalement naïf". Cité par le même journal, son homologue Christian Streiff, patron du constructeur français Peugeot,  le décrit lui comme "totalement irréaliste". Et les deux groupes ont décidé de présenter un front commun et une attitude ferme contre l'UE. "Nous nous sommes mis d'accord sur les bases d'un règlement au sein de l'ACEA", a ajouté Matthias Wissman, président de l'association des constructeurs allemand VDA.

Le journal précise que les constructeurs n'ont néanmoins par réussi à se mettre d'accord sur les détails de leur action. Les groupes allemands, qui produisent de plus grosses voitures, plus polluantes, voudraient que les émissions autorisées soient calculées en fonction du poids et de la taille des véhicules, alors que les constructeurs italiens et français sont d'accord pour l'instauration d'une limite commune à toutes les automobiles.

Par F.L. le 10 septembre 2007 à 10:48
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