La Caisse des Dépôts n'a reçu "aucune instruction" de l'Etat

le 05 octobre 2007 à 17h31 , mis à jour le 05 octobre 2007 à 20h30

L'institution financière affirme avoir "agi de manière autonome" lors du rachat en avril 2006 d'actions EADS, peu avant l'effondrement du titre en Bourse.

EADSEADS © TF1/LCI


Thierry Breton "choqué" par les accusations contre l'Etat

La Caisse des Dépôts a "agi de manière autonome". Dans un communiqué diffusé vendredi, quelques heures après l'audition de Thierry Breton devant la commission des Finances du Sénat, dans le cadre des soupçons de délit d'initiés massif au sein d'EADS, l'institution financière publique affiche clairement sa position, en soulignant que le rachat en avril 2006 d'actions EADS, peu avant l'effondrement du titre en Bourse, s'est déroulé sans "instruction des pouvoirs publics".

La Caisse des Dépôts a agi dans cette opération "en qualité d'investisseur de long terme, aux côtés d'autres institutions financières", écrit-elle. L'institution financière publique explique avoir été contactée dès janvier 2006 "pour participer à l'acquisition d'une partie des titres EADS détenus par le  groupe Lagardère". La décision d'acquérir 2,25% du capital du groupe aéronautique a été prise fin mars 2006 par le directeur général de la CDC, Francis Meyer, "après instruction par ses services", précise encore la Caisse. Elle ajoute que le prix de cession de 32,60 euros par action "était alors inférieur à l'estimation de nombreux analystes financiers et se situait  en-dessous des titres des principaux concurrents d'EADS s'agissant des  principaux ratios d'évaluation boursière".

Breton n'a "pas donné la moindre consigne"

Thierry Breton, ministre de l'Economie au moment des faits, avait démenti dans la matinée devant la commission des Finances du Sénat que l'Etat ait donné son aval à l'achat des 2,25% du capital d'EADS au groupe Lagardère par la CDC. L'ancien ministre a souligné qu'il n'avait "pas donné la moindre consigne" à la Caisse, en insistant sur le fait qu'elle rend compte au Parlement et non au ministère de l'Economie.

Assurant que la Caisse était "indépendante" de l'Etat, Thierry Breton a ensuite affirmé qu'elle ne l'avait "pas prévenu" et qu'il avait appris cet achat par la presse. L'ancien ministre a ajouté qu'il avait été "vraiment mécontent" que la Caisse des dépôts et consignations se soit portée acheteuse des actions cédées par Lagardère, dans le cadre de la cession annoncée le 4 avril par le groupe de 7,5% du groupe d'aéronautique et de défense (lire notre article). Deux mois après cette opération, EADS annonçait de gros retards pour  l'A380, et le titre du groupe plongeait en Bourse. Le patron de la CDC, Augustin de Romanet, sera auditionné mardi à l'Assemblée nationale, devant la commission des Finances.  La ministre de l'Economie et des Finances Christine Lagarde a elle ordonné vendredi une enquête interne sur l'action des services de Bercy concernant EADS entre fin 2005 et juin 2006.

D'après agence

le 05 octobre 2007 à 17:31
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