
A 11h30, suivez en direct sur LCI et LCI.fr l'audition d'Arnaud Lagardère
Le président du groupe Lagardère s'explique depuis la fin de matinée devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale. "Arnaud Lagardère confirmera qu'il a donné à l'Etat toutes les informations sur ses intentions, ce qui était l'essence même du pacte d'actionnaires, Lagardère est le seul à n'avoir jamais changé de version", indique-t-on dans son entourage. Députés et sénateurs multiplient les auditions depuis le 5 octobre pour vérifier les informations dont disposaient l'Etat, actionnaire d'EADS à hauteur de 15%, lorsque son partenaire, Lagardère, a vendu 7,5% du capital au prix fort. Ils veulent savoir également quel a été son rôle dans le rachat d'une partie (2,25%) de ces actions par la Caisse des dépôts (CDC).
Les députés ne devraient pas en revanche interroger directement Arnaud Lagardère sur les soupçons de délit d'initiés, ceux-ci faisant l'objet d'une information judiciaire et d'une enquête de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Lagardère et l'autre grand actionnaire privé, l'Allemand Daimler, sont soupçonnés d'avoir connu les retards d'industrialisation de l'A380 d'Airbus, filiale d'EADS, avant leur révélation le 13 juin. Ils ont tiré de la vente de leurs actions environ 2 milliards d'euros, alors que le titre a ensuite glissé de 40% en deux mois, dont 26% en une seule journée, le 14 juin.
Arnaud Lagardère a été vivement mis en cause lundi par des petits actionnaires d'EADS lors de l'assemblée générale du groupe européen, qui en a simplifié la direction. Ancien coprésident du conseil d'administration, il en reste membre. L'audition parlementaire est sa deuxième épreuve de la semaine, mais elle peut aussi être délicate pour les représentants de l'Etat, qui plaident l'ignorance.
"L'Etat était parfaitement informé"
Après l'ancien ministre de l'Economie Thierry Breton qui avait "appris par la presse" le rachat d'actions par la CDC, puis une enquête interne concluant que les services de Bercy avaient été "irréprochables", l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a d'abord déclaré qu'il "n'avait pas été saisi du dossier". Arnaud Lagardère a répondu le 14 octobre dans le Journal du Dimanche que Matignon avait été informé à l'avance de son intention de vendre des titres EADS et de la possibilité qu'une partie soit rachetée par la CDC.
Dominique de Villepin a alors reconnu qu'une "note mémorandum" avait été envoyée par Lagardère "à Bercy, au début de l'année 2006, comme aux services de Matignon". "Cette note évoquait l'intérêt d'un groupe d'investisseurs (...), dont la Caisse des dépôts", a-t-il dit, mais "il n'y avait là rien de particulier qui puisse alerter les services de l'Etat". "Il n'y a pas eu une note, il y en a eu deux : une en février, une en mars. Il y a eu trois réunions à son cabinet ; il y a eu trois autres réunions à Bercy, donc l'Etat était parfaitement informé", a rétorqué samedi Pierre Leroy, cogérant et secrétaire général de Lagardère. L'ancien ministre des Finances, Dominique Strauss-Kahn, sera entendu vendredi.
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