Dominique de Villepin © LCI![]() |
| Y a-t-il eu délits d'initiés ? |
Après Bercy et Thierry Breton, c'est au tour de Matignon et Dominique de Villepin d'être au cœur de la tourmente des délits d'initiés présumés chez EADS. D'après Le Monde daté de samedi, le groupe Lagardère avait informé Matignon dès le 21 février 2006 des modalités détaillées de la vente de titres EADS, qui a été finalisée en avril. Toujours selon le quotidien, un mémo de trois pages "confidentiel", "adressé par Lagardère à Matignon, décrit dans le détail" l'opération d'avril 2006 et "cite parmi les acquéreurs potentiels la Caisse des dépôts".
Ce document est évoqué dans le rapport de l'inspection des Finances sur l'action des services de Bercy au moment de l'affaire, rendu public jeudi. D'après Le Monde, qui ne cite pas ses sources, "le ministère" de l'Economie "en a eu connaissance" mais "le mémo a été adressé préalablement au cabinet du Premier ministre de l'époque, Dominique de Villepin". L'ancien Premier ministre avait pourtant déclaré mercredi n'avoir "jamais été saisi" du rachat début 2006 par la Caisse des Dépôts, d'actions EADS détenues par Lagardère, relève le quotidien.
"Mémo informel"
De son côté, Thierry Breton réaffirme dans Le Monde ne pas avoir eu connaissance de l'achat de titres EADS par la Caisse des dépôts. Selon le rapport de Bercy sur le rôle de l'Etat dans l'affaire, la CDC était bien mentionnée dans le fameux mémo, transmis au "cabinet du ministre" Thierry Breton avant le 20 mars, comme faisant partie d'un "groupe d'investisseurs" intéressés par l'achat des titres EADS de Lagardère. Mais pour l'ancien ministre de l'Economie, "ce mémo informel", qui ne lui "était pas destiné, n'est en aucune façon en contradiction" avec ses déclarations. Selon lui, le rapport rédigé par Bercy "confirme l'intégralité" de ses déclarations. "Tout le monde sait que lorsqu'il y a une opération de cession de titres importante, la Caisse des dépôts est approchée, c'est son rôle. C'est l'inverse qui aurait été étonnant", ajoute-t-il.
Le 5 octobre, Thierry Breton avait affirmé devant le Sénat avoir été "vraiment mécontent" de la décision de la CDC, car "cela pouvait donner le sentiment à la partie allemande que nous voulions contourner l'esprit du pacte interdisant à la France de monter au-dessus de sa participation" de 15% dans le capital. Dans Le Monde, Thierry Breton réaffirme "n'avoir appris que la Caisse des dépôts avait décidé d'acquérir 2,25% d'EADS que le jour où l'information a été rendue publique". Il ajoute : "J'aurais aimé être prévenu de sa décision de se porter acquéreur dans cette opération la veille de son annonce, pour pouvoir en informer moi même nos partenaires allemands et prévenir toute réaction négative de leur part".
D'après agence
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