Nicolas Sarkozy, le 8 octobre 2007 © TF1/LCI |
Nicolas Sarkozy a affirmé lundi à Mâcon que l'enquête sur EADS devait "aller jusqu'au bout pour savoir quelles ont été les responsabilités de l'Etat", et a souhaité que si certains ont fraudé, ils "soient punis". Dans un discours devant les ouvriers de l'usine Metso Minerals, lors d'un déplacement en Bourgogne sur le thème de l'emploi, le chef de l'Etat a lancé : "s'il y a des gens qui fraudaient chez EADS, il faut qu'on connaisse la vérité, il faut que la justice aille jusqu'au bout et ceux qui se sont comportés de façon malhonnête, qu'ils soient punis à due proportion de ce qu'ils ont fait".
"Il ne peut pas y avoir une règle en bas, et une règle différente en haut", a-t-il poursuivi. "J'irai jusqu'au bout de l'enquête pour savoir quelles ont été les responsabilités de l'Etat à ce moment-là", a encore déclaré le président Sarkozy à propos de cette affaire de délits d'initiés présumés dont sont soupçonnés des dirigeants et actionnaires privés d'EADS.
L'autorisation de l'Etat ?
Selon le procès-verbal de la réunion de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts du 12 juillet, cité par Le Monde, l'Etat aurait en effet autorisé la Caisse à procéder à l'acquisition d'actions fin 2005-début 2006 avant l'annonce de graves difficultés du groupe européen, "dans le cadre du pacte d'actionnaires" d'EADS réunissant l'Etat et le groupe Lagardère. Or l'ancien ministre des Finances, Thierry Breton, entendu vendredi au Sénat, a affirmé avoir appris "par la presse" l'acquisition par la CDC d'une partie des 7,5% du capital d'EADS cédé par Lagardère.
Une affirmation qui suscite le scepticisme, car si la Caisse est officiellement indépendante, elle entretient des relations étroites avec l'Etat, qui a toujours suivi avec beaucoup d'attention le groupe EADS. Pour François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, Thierry Breton "ment, ou il est incompétent".
Mardi, les responsables de la Caisse des dépôts devront en tout cas s'expliquer sur l'affaire devant les députés, puis mercredi au Sénat, alors que cette institution publique est au coeur des interrogations sur le rôle de l'Etat. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a ordonné une enquête interne afin "d'examiner l'action des services du ministère en ce qui concerne EADS entre fin 2005 et juin 2006".
(D'après agence)
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