L'Etat aurait-il pu empêcher l'investissement de la CDC ?

Par , le 09 octobre 2007 à 12h14 , mis à jour le 09 octobre 2007 à 21h49

Les dirigeants de la Caisse des dépôts et consignation ont tenté mardi matin devant les députés de se défendre dans le cadre du rachat des actions d'EADS. Selon le directeur général, c'est si Bercy avait empêché l'opération qu'il y aurait eu un délit d'initié.

Augustin de Romanet DG CDC caisse dépôt consignations Assemblée commissionAugustin de Romanet, DG de CDC mardi 9 octobre devant la commission d'enquête parlementaire sur EADS © DR

La Caisse des dépôts et consignations est-elle le dindon de la farce ? A-t-elle été instrumentalisée pour racheter les actions détenues par Lagardère dans EADS au prix fort et juste avant la descente aux enfers ? Les dirigeants de la CDC se sont succédés mardi matin à la tribune de la commission d'enquête parlementaire sur les conditions de l'opération.

Rappel des faits. Début avril, l'action EADS est autour de 33 euros. La CDC "avait été sollicitée début janvier 2006 pour acquérir 2,25% du capital d'EADS", Lagardère souhaitant céder 7,5% de ses 15% du capital, a affirmé Augustin de Romanet, directeur général de la CDC. C'est fin mars 2007 et sur le conseil de deux banques d'affaires, Morgan Stanley et JP Morgan, que la Caisse s'engage à acquérir ces 2,25% au prix de 32,60 euros. Les deux banques ont en effet estimé que le cours d'EADS se situerait entre 34 et 36 euros à moyen terme. Il s'agit donc d'une "bonne opération" pour la CDC, rappelle son directeur général.

Pas d'autorisation de Bercy

Mais courant avril, le titre s'effondre suite à l'annonce de retards dans la livraison de l'A380. En juin, l'action ne valait plus que 16,75 euros. "Le ministère des Finances aurait-il pu et aurait-il dû empêcher cette opération ?", s'est interrogé Augustin de Romanet devant les députés. "S'il avait des informations, il n'aurait pas dû influencer la caisse des dépôts au même titre qu'un autre investisseur et s'il n'avait pas d'information, il n'avait donc pas de raison d'alerter la caisse". En clair, si l'Etat avait été au courant des retards de l'A380 et avait prévenu la CDC afin d'empêcher l'opération, c'est à ce moment qu'il y aurait eu un délit d'initié.

En l'occurence, selon les dirigeants de la Caisse, Bercy n'a pas donné son autorisation pour effectuer cet investissement et la CDC n'a d'ailleurs pas sollicité son avis.

Gallois veut supprimer totalement les stock-options

Louis Gallois, président d'EADS, va proposer à son conseil d'administration la "suppression totale" des stock-options, un "système contestable qui s'apparente à une loterie", à l'origine d'une nouvelle crise au sein du groupe aéronautique européen en raison de soupçons de délits d'initiés pesant sur certains de ses dirigeants. "Je pense qu'il faut leur substituer un mode de rémunération plus transparent comme l'attribution d'actions gratuites qui sont un complément de salaire", explique Louis Gallois. "Aujourd'hui chez EADS les stock-options ne représentent plus que 20% de la rémunération complémentaire, les actions gratuites 80%. Il s'agit d'aller à 100%", ajoute-t-il.

Par Sophie Lutrand le 09 octobre 2007 à 12:14
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10 Commentaires

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  • Jean-Philippe Rouart, le 09/10/2007 à 15h19

    Pourquoi ne pas dire que Philippe Camus (président exécutif d'EADS)faisait partie du comité consultatif sur la gouvernance de la Caisse des dépôts?

  • Michel, le 09/10/2007 à 15h07

    C'est toujours le même type de réponse c'est toujours la faute à pas de chance c'est toujours des responsables qui ne savaient pas c'est toujours des dirigeants qui n'assument pas leurs responsabilités

  • Yannec, le 09/10/2007 à 15h01

    On voit bien que le ps cherche a gêné le gouvernement on sait ce que Miterrand a fait avec eurotunnel et ce que cela a coute au petit actionnaire la bourse ce n'est pas un placement ou l'on gagne a chaque fois et temps que la cdc n'a pas vendu elle n'a rien perdu

  • Frederic, le 09/10/2007 à 14h54

    Décidemment c'est toujours les salaires moyens qui vont devoir payés, j'attends par moyen de 1500 euros à 3000 euros, les autres, surtout ne pas y toucher !!!

  • Martin, le 09/10/2007 à 14h43

    Il est triste de constater que le Président de la Caisse des Dépôts avoue l'incompétence de ses services pour couvrir des anciens ministres ou leurs collaborateurs. Quelle misère, quelle transparence !

  • Jean-Luc, le 09/10/2007 à 14h26

    Le titre EADS a été acheté environ 33 euros et vaut aujourd'hui 22.19 ?, après être passé par 16.75 ? au moment de "l'affaire". La caisse des dépôts et consignations (donc le contribuable) est-elle encore propriétaire de ces parts? Si c'est le cas, aucune perte n'est enregistrée à ce jour. Si EADS était une société exangue, sur un marché has been, il y aurait peut-être lieu de s'alarmer. La valeur a déjà grimpé depuis, et doit logiquement continuer dans ce sens. Pour tout acheteur quel qu'il soit, il est donc utile d'attendre et de revendre au bon moment pour limiter ou annuler la perte!! Que d'énergie médiatique dépensée en tout cas!

  • CARRIERE, le 09/10/2007 à 14h11

    Bonjour, Quels sont les liens entre le président du conseil de surveillance de la CDC, le directeur général de la CDC et le président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale en début 2006 avec le pouvoir politique et certains groupes industrialo-médiatique ? Chercher et vous trouverez !

  • Margaux, le 09/10/2007 à 14h08

    Evidemment, aujourd'hui, il n'y a plus de responsables ! Personne ne savait rien ! On se demande bien à quoi servent ces dirigeants qui se prennent pour l'élite... et qui ne savent jamais rien !!!!

  • , le 09/10/2007 à 13h25

    Devant un tel niveau d'incompétence, il faut virer les dirigeants de la cdc, sans indémnité pour faute lourde

  • Martin, le 09/10/2007 à 13h19

    Les chats retombent toujours sur leurs 4 pattes ! C'est la seule conclusion sérieuse qu'on puisse tirer du discours de Monsieur de Romanet. Pour le reste, on a bien compris que l'intérêt supérieur de la société privée est servi par la collectivité.

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