Augustin de Romanet, DG de CDC mardi 9 octobre devant la commission d'enquête parlementaire sur EADS © DRLa Caisse des dépôts et consignations est-elle le dindon de la farce ? A-t-elle été instrumentalisée pour racheter les actions détenues par Lagardère dans EADS au prix fort et juste avant la descente aux enfers ? Les dirigeants de la CDC se sont succédés mardi matin à la tribune de la commission d'enquête parlementaire sur les conditions de l'opération.
Rappel des faits. Début avril, l'action EADS est autour de 33 euros. La CDC "avait été sollicitée début janvier 2006 pour acquérir 2,25% du capital d'EADS", Lagardère souhaitant céder 7,5% de ses 15% du capital, a affirmé Augustin de Romanet, directeur général de la CDC. C'est fin mars 2007 et sur le conseil de deux banques d'affaires, Morgan Stanley et JP Morgan, que la Caisse s'engage à acquérir ces 2,25% au prix de 32,60 euros. Les deux banques ont en effet estimé que le cours d'EADS se situerait entre 34 et 36 euros à moyen terme. Il s'agit donc d'une "bonne opération" pour la CDC, rappelle son directeur général.
Pas d'autorisation de Bercy
Mais courant avril, le titre s'effondre suite à l'annonce de retards dans la livraison de l'A380. En juin, l'action ne valait plus que 16,75 euros. "Le ministère des Finances aurait-il pu et aurait-il dû empêcher cette opération ?", s'est interrogé Augustin de Romanet devant les députés. "S'il avait des informations, il n'aurait pas dû influencer la caisse des dépôts au même titre qu'un autre investisseur et s'il n'avait pas d'information, il n'avait donc pas de raison d'alerter la caisse". En clair, si l'Etat avait été au courant des retards de l'A380 et avait prévenu la CDC afin d'empêcher l'opération, c'est à ce moment qu'il y aurait eu un délit d'initié.
En l'occurence, selon les dirigeants de la Caisse, Bercy n'a pas donné son autorisation pour effectuer cet investissement et la CDC n'a d'ailleurs pas sollicité son avis.
Gallois veut supprimer totalement les stock-options |
Louis Gallois, président d'EADS, va proposer à son conseil d'administration la "suppression totale" des stock-options, un "système contestable qui s'apparente à une loterie", à l'origine d'une nouvelle crise au sein du groupe aéronautique européen en raison de soupçons de délits d'initiés pesant sur certains de ses dirigeants. "Je pense qu'il faut leur substituer un mode de rémunération plus transparent comme l'attribution d'actions gratuites qui sont un complément de salaire", explique Louis Gallois. "Aujourd'hui chez EADS les stock-options ne représentent plus que 20% de la rémunération complémentaire, les actions gratuites 80%. Il s'agit d'aller à 100%", ajoute-t-il. |
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