L'Etat ne doit pas être un actionnaire assoupi pour DSK

le 26 octobre 2007 à 18h41 , mis à jour le 26 octobre 2007 à 18h50

L'ancien ministre de l'Economie était entendu vendredi par la commission des Finances de l'Assemblée qui enquête sur un éventuel délit d'initiés de la part des actionnaires d'EADS.

DSK Dominique Strauss-Kahn commission finances assemblée nationale EADS délit initiéDSK lors de son audition devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale sur EADS le 26 octobre 2007

Après les responsables de la Caisse des dépôt et consignations et Arnaud Largardère, c'était au tour de Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l'Economie au moment de l'élaboration du pacte d'actionnaire d'EADS, d'être entendu par la Commission des Finances vendredi. Dominique Strauss-Kahn a affirmé que ce pacte était "équilibré" tout en soulignant que les représentants de l'Etat ne devaient pas "dormir" dans les structures auxquelles il participent. "Le pacte a été suffisamment équilibré pour que les intérêts français publics et privés soient durablement préservés", a-t-il déclaré.

Les parlementaires multiplient les auditions depuis trois semaines sur les relations entre l'Etat et les actionnaires privés d'EADS, Lagardère et Daimler, soupçonnés de délit d'initiés dans les mois qui ont précédé la chute du titre provoquée en juin 2006 par les retards du programme A380.

"Il faut faire des bons montages, mais derrière il faut qu'on s'en occupe. (...) Si les représentants de l'Etat sont là pour dormir, cela part à vau l'eau", a estimé le nouveau patron du FMI, en mettant implicitement en cause les représentants de l'Etat au sein de la Sogeade, holding commune de l'Etat et de Lagardère représentant les intérêts français dans EADS. En particulier, "je ne vois pas comment l'Etat n'est pas capable d'avoir une influence sur qui doit être désigné" au conseil d'administration d'EADS par la Sogeade, a souligné l'ancien ministre de l'Economie.

Un pacte "pas inscrit dans le marbre"

Il a ainsi rejoint la déclaration d'Arnaud Lagardère qui avait indiqué jeudi devant la commission ne pas pouvoir "être administrateur sans l'accord de l'Etat", se distinguant de la position de la ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui a récemment assuré que "l'Etat ne désigne aucun administrateur" d'EADS.

DSK a aussi indirectement répondu au Premier ministre François Fillon, qui parlait au début octobre d'un "pacte d'actionnaires curieux" adopté "sous une autre majorité", "qui privait l'Etat français et l'Etat allemand de tout droit d'intervention sur les affaires d'EADS". Le pacte était un "compromis", "il faut arrêter que les Français se tapent sur les mains" a souligné Dominique Strauss-Kahn. "Les Allemands ne voulaient pas du tout de présence de l'Etat français", a-t-il souligné, en rappelant que Daimler envisageait alors de faire alliance avec les industriels britanniques sans le groupe français Aerospatiale-Matra. "La possibilité de renégocier avec les Allemands d'autres situations (...) est tout à fait concevable", a-t-il ajouté, en précisant que l'équilibre n'est "pas inscrit dans le marbre jusqu'à la fin des temps".

le 26 octobre 2007 à 18:41
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