Volkswagen Tiguan © TF1-LCILa Cour européenne de justice a condamné mardi l'Allemagne pour sa "loi Volkswagen", qui protège depuis presque un demi-siècle le premier constructeur automobile européen contre les tentatives de rachat. Sans surprise, les juges de Luxembourg, qui avaient été saisis par la Commission européenne, ont ainsi suivi les recommandations faites en février par l'avocat général Ruiz-Jarobo Colomer. Et ils ont estimé que "l'Allemagne a contrevenu au principe de libre circulation des capitaux". Une aubaine pour Porsche, qui franchit ainsi une étape "décisive", comme l'espérait son président Wedelin Wiedeking, pour prendre le contrôle du premier constructeur européen où il annonce de profonds changements.
La "loi Volkswagen", qui remonte à 1960, s'assimile à une "golden share", une action conférant des droits particuliers aux pouvoirs publics, dans la mesure où elle verrouille les droits de vote au sein du groupe automobile au profit de l'Etat régional de Basse-Saxe, actionnaire historique à hauteur de 20,3%. Il interdit à tout actionnaire d'exercer plus de 20% des droits de vote, même s'il détient une part supérieure du capital. Et toutes les décisions importantes doivent être entérinées par 80% des actionnaires.
Porsche promet la fin des "vaches sacrées"
Porsche, le groupe automobile le plus rentable du monde, détient depuis la fin mars près de 31% du capital de VW. "Mais seulement 20% des droits de vote : c'est très clairement une discrimination", répète à l'envi Wendelin Wiedeking. Ces dernières semaines, il a multiplié les déclarations fracassantes, estimant, par exemple, qu'il n'y aurait plus de "vaches sacrées" chez VW et suscitant l'inquiétude du puissant syndicat de la métallurgie IG Metall.
La création d'un groupe automobile allemand d'envergure mondiale viendrait consacrer la stratégie du richissime Ferdinand Piëch, à la fois président du conseil de surveillance de VW et co-propriétaire de Porsche. Petit-fils de Ferdinand Porsche, fondateur du constructeur des célèbres bolides 911 et créateur, à la demande du régime nazi, de la Coccinelle de Volkswagen, il est, à 70 ans, le véritable artisan de leur rapprochement.
Il reste que la décision de la Cour européenne de justice ne sera sans doute pas l'ultime épisode d'un feuilleton à rebondissements. L'Allemagne, condamnée, n'a certes d'autre choix que d'abroger la loi, au risque de devoir payer une amende. Mais rien n'indique, pour l'instant, que Porsche montera du jour au lendemain à plus de 50% dans le capital de VW et l'échéance de l'opération reste floue.
D'après agence
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