Télétravail © DR"Travailler plus pour gagner plus"... La nouvelle législation favorisant les heures supplémentaires, mesure économique phare de Nicolas Sarkozy, entre en vigueur ce lundi et ne manque pas de faire réagir à gauche. Les heures supplémentaires rapporteront davantage car elles seront nettes d'impôt sur le revenu, pour ceux qui en payent, et exonérées de cotisations sociales. Un décret, qui paraîtra dans les prochains jours, étendra le dispositif aux fonctionnaires.
Cette mesure s'inscrit dans le projet du président d'amender, de facto, les 35 heures, et de donner, à terme, plus de latitude aux entreprises pour négocier le temps de travail à la carte. Dans l'immédiat, elle constitue le principal gage de soutien du gouvernement au pouvoir d'achat des salariés alors que le smic a été revalorisé sans coup de pouce (+2,1% en juillet). La mesure pourrait toucher près de 18 millions de salariés mais dépend essentiellement des employeurs.
"Coûteux et peu productif"
Lundi matin sur France 2, la ministre de l'Economie et de l'Emploi, Christine Largarde, a défendu le dispositif, déclarant que "c'est la première fois depuis très longtemps que l'Etat français investit dans le travail". Mais pour Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, la nouvelle législation favorisant les heures supplémentaires ne bénéficiera qu'à "peu de monde". "Il y a des salariés qui vont en bénéficier, notamment ceux qui sont déjà à 39 heures et qui vont avoir quatre heures défiscalisées, mais ça va être très dur pour les salariés à temps partiel, ceux qui voudraient effectivement travailler plus, et ça va être très compliqué pour les cadres", a-t-il détaillé sur LCI.
Elisabeth Guigou (PS), ancienne ministre de l'Emploi, s'est montrée elle aussi sceptique, estimant l'effet du dispositif "incertain sur la croissance" et son "coût très important pour les finances publiques, chiffré à 5,5 millairds d'euros". François Hollande a lui aussi dénoncé son coût. "Pour l'instant, je l'estime coûteux, peu productif et même avec des effets pervers", a-t-il résumé sur RMC Info. Selon le Premier secrétaire du PS, "il faut que toute la France travaille plus". Il a cité les chômeurs, qui "ne sont pas du tout au travail", les jeunes "qui rentrent trop tard sur le marché du travail", les seniors "qui sortent trop tôt du travail", et enfin les salariés "à temps partiel". "Laissons cette mesure se faire (...) Ce sera notre rôle d'évaluer" ce dispositif, a-t-il ajouté.
Pour Lionel Jospin, dans la réforme des heures supplémentaires, "la question salariale est complètement escamotée". "Le slogan de Nicolas Sarkozy, travailler plus pour gagner plus, signifie qu'il est exclu qu'on gagne plus si on ne travaille pas plus. C'est à dire que la question de l'augmentation des salaires qui serait légitime", est absente, a-t-il ajouté.
(D'après agence)
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