Arnaud Lagardère devant l'Assemblée le 25 octobre © DRIronie du sort, c'est en ce jour de premier vol commercial de l'A380 (voir la vidéo) qu'Arnaud Lagardère était convoqué ce jeudi devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale pour s'expliquer sur la vente massive d'actions EADS deux mois avant l'annonce par l'avionneur européen de retards de livraison de son très gros porteur qui ont fait chuter les cours. Devant les parlementaires, le président du groupe Lagardère s'est attaché à démentir tout délit d'initiés massif chez EADS, dont il est l'un des actionnaires.
"Ne faites pas l'hypothèse selon laquelle des gens savaient et que l'Etat ne savait pas. L'Etat savait ce que je savais, et ce que je ne savais pas, l'Etat ne pouvait pas le savoir", a-t-il martelé, réaffirmant que son "partenaire" avait toujours eu les mêmes informations que lui, qu'il s'agisse des problèmes industriels d'Airbus ou de la vente de ses actions EADS. Arnaud Lagardère a ajouté qu'il n'avait pas d'actions ou de stock-options à titre personnel.
Patriotisme
La vente de 7,5% du capital d'EADS, la moitié de sa participation, le 4 avril 2006, effectuée en même temps que celle du même montant par Daimler, l'autre actionnaire de référence du groupe européen, avait rapporté 2 milliards d'euros à chacun. Deux mois plus tard, le cours de l'action chutait de 26% en un jour. "Je n'avais pas connaissance de retards avant le 4 avril et même jusqu'au mois de juin, il y a une différence entre difficultés industrielles et retards", a encore assuré le patron du groupe Lagardère.
Autre explication d'Arnaud Lagardère : dès novembre 2005, il avait tenu l'Etat au courant de son intention de céder participation de son groupe dans EADS à des investisseurs institutionnels français, notamment la Caisse des Dépôts. "Je n'ai pas de leçon de patriotisme à recevoir" et "je n'avais pas besoin que l'Etat me dise qu'il faut des actionnaires français" dans EADS, a-t-il déclaré, réaffirmant avoir envoyé plusieurs notes et que ses services avaient eu "cinq ou six réunions voire plus" avec ceux du Premier ministre Dominique de Villepin et de Bercy, entre fin 2005 et mars 2006, pour les informer de la préparation de la transaction.
"L'Etat a un droit de veto à la Sogeade, le groupe Lagardère n'aurait jamais imposé un administrateur à l'Etat", "je ne peux pas être administrateur de la Sogeade sans l'accord de l'Etat", a-t-il ajouté. La holding Sogeade représente les intérêts des actionnaires français (Etat, Lagardère) au sein d'EADS. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a affirmé à plusieurs reprises que l'Etat n'avait pas le pouvoir de voter pour ou contre l'élection d'Arnaud Lagardère au conseil d'administration d'EADS.
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