Les responsables de la Caisse des dépôts vont s'expliquer

le 09 octobre 2007 à 08h03 , mis à jour le 09 octobre 2007 à 11h41

L'institution publique s'explique devant les députés alors qu'elle est au coeur des interrogations sur le rôle de l'Etat.

Caisse des dépôtsCaisse des dépôts © TF1/LCI

Les responsables de la Caisse des dépôts (CDC) vont devoir s'expliquer sur l'affaire EADS ce mardi devant les députés, puis demain au Sénat, alors que l'institution publique est au coeur des interrogations sur le rôle de l'Etat. Présentée comme le "bras financier de l'Etat", la CDC a réaffirmé samedi n'avoir "ni demandé ni reçu d'autorisation de l'Etat pour l'achat de titres EADS" au printemps 2006, soit 2,25% du capital pour un montant d'environ 600 millions d'euros.
 
L'Autorité des marchés financiers (AMF) et la justice enquêtent sur un possible délit d'initiés commis par les principaux dirigeants et actionnaires privés d'EADS lors de la vente massive d'actions fin 2005-début 2006 avant l'annonce des graves difficultés du groupe européen, qui avait fait plonger le titre en Bourse. Selon le procès-verbal de la réunion de la Commission de surveillance de la CDC en date du 12 juillet, cité par Le Monde, l'Etat a autorisé la Caisse à procéder à cette acquisition, "dans le cadre du pacte d'actionnaires" d'EADS réunissant l'Etat et le groupe Lagardère.
 
Or l'ancien ministre des Finances Thierry Breton, entendu vendredi au Sénat, a affirmé avoir appris "par la presse" l'acquisition par la CDC d'une partie des 7,5% du capital d'EADS cédé par Lagardère. Une affirmation qui suscite à tout le moins le scepticisme, car si la Caisse est officiellement indépendante, elle entretient des relations étroites avec l'Etat, qui a toujours suivi avec beaucoup d'attention EADS.

En déplacement à Mâcon, lundi, Nicolas Sarkozy a dit que l'enquête sur EADS devait "aller jusqu'au bout pour savoir quelles ont été les responsabilités de l'Etat" (lire notre article).

"Une affaire d'Etat", selon Bayrou

Le président du MoDem François Bayrou estime qu'il faut "réformer d'urgence" la gouvernance d'EADS, dans un entretien au Parisien publié mardi. Selon M. Bayrou, il faut "réformer d'urgence cette gouvernance d'entreprise et inscrire dans la Constitution l'interdiction d'avoir des groupes de presse appartenant à des puissances économiques en rapport avec l'Etat". "Je déposerai un texte en ce sens dès cette semaine auprès de la commission Balladur", ajoute-t-il. A propos du scandale qui frappe EADS, il parle d'"un délit d'initiés à grande échelle". "C'est aussi une affaire d'Etat puisque les parts du groupe Lagardère ont en partie été rachetées au prix fort par la Caisse des dépôts, entraînant des centaines de millions d'euros de pertes sèches", déclare-t-il.


 

le 09 octobre 2007 à 08:03
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