Les banques françaises BNP et Société Générale ont limité la casse en 2008 © LCI / DRLe 24 janvier dernier, une heure à peine après l'entrée officielle de la Société Générale dans la tourmente, BNP Paribas avait tenu à le préciser : rien de ce qui se passait chez sa concurrente (annonce de fraude et impact des subprimes) n'était en cours chez elle.
Elle l'écrivait même noir sur blanc. S'agissant de ses propres comptes 2007, "aucune perte ni aucun élément dont l'importance justifierait un avertissement particulier au marché". La BNP avait alors indiqué qu'elle publierait des résultats "estimés" cette semaine.
8 milliards d'euros de bénéfices
Ces résultats non définitifs viennent de tomber et ils sont bons, même si certains analystes espéraient encore davantage. BNP Paribas annonce avoir dégagé un bénéfice net record de 7,8 milliards d'euros en 2007, que l'on compare immédiatement aux 700 millions d'euros de la Société Générale après l'effet "subprimes" et la catastrophe boursière.
La BNP, première banque française par la capitalisation boursière, a toutefois dû passer à cause de la crise américaine des surprimes des provisions et dépréciations pour moins d'un milliard d'euros. Il y a certes eu de la casse, mais, pour l'instant, elle est limitée.
Spéculations et spéculation
Cette annonce de profits élevés malgré le contexte de crise relance les spéculations sur un possible raid de BNP Paribas sur sa concurrente française, dont elle avait déjà tenté de s'emparer en 1999 au terme d'une lutte acharnée aux airs de grand feuilleton financier.
Parmi les scénarios qui circulent à propos de la Société générale, il y a notamment celui d'une division entre la banque de détail (notamment le réseau des agences) et la banque d'investissement, où travaillait le trader Jérôme Kerviel et qui intéresserait la BNP. Le ministre du Budget Eric Woerth a affirmé mercredi qu'il n'"y avait pas de risque" d'un démantèlement de la banque.
No comment
Le directeur général de BNP-Paribas Baudouin Prot, a de son côté écarté à plusieurs reprises l'hypothèse d'un rachat total ou partiel de la Société Générale, ces dernières années, en soulignant que depuis dix ans, les deux entreprises n'ont cessé de se développer dans des domaines redondants, comme par exemple le secteur des produits dérivés. La chute du cours des actions Société Générale pourrait lui faire revoir son analyse.
De nouveau, interrogé par Le Monde sur l'affaire de la Société Générale et l'opposition du gouvernement à un raid hostile sur la grande concurrente de la BNP, il s'est refusé à tout commentaire. Le monde de la finance n'a pas la réputation d'être bavard sur ses intentions.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




