Daniel Bouton, ex-président de la Société Générale © LCI 
Bouton assure que la SocGen peut rester indépendante
La journée fut encore une fois très chargée pour la SocGen, en crise depuis la révélation de "l'affaqire Kerviel". Tout juste reconduit à la tête de la banque mais sous haute surveillance (lire notre article), Daniel Bouton a, en partie, répondu mercredi soir aux rumeurs sur la possibilité d'étudier une OPA amicale sur la Société Générale. Invité sur France 2, le PDG de la SocGen a assuré, en réponse à une question sur une éventuelle alliance de la banque : la Société Générale "peut" rester indépendante, "puisque les capitaux sont là" et que "l'entreprise est tellement forte que nous sommes restés bénéficiaires", malgré les pertes subies.
La banque a indiqué la semaine dernière que malgré les pertes de 4,82 milliards d'euros liée à l'affaire du trader, et de 2 milliards dus à la crise des "subprimes", elle dégagerait un bénéfice net entre 600 et 800 millions en 2007. "Nous avons immédiatement monté l'augmentation de capital", de 5,5 milliards d'euros, a-t-il aussi indiqué, "ce qui fait que nous allons pouvoir reprendre notre développement".
Rumeurs et rassemblement
Dans l'après-midi, un administrateur avait, sous couvert d'anonymat, annoncé que le PDG de la SocGen s'était déclaré devant le conseil d'administration favorable à l'étude d'une offre publique de rachat amicale. Face à ces rumeurs, des salariés de la Société Générale ont annoncé vouloir se rassembler jeudi après-midi pour demander que le groupe reste "indépendant" et ne soit pas "démantelé".
L'information avait aussitôt été démentie par la banque, qui a parlé de "rumeur sans fondement". L'action Société générale a réagi en vive hausse mercredi après-midi à cette information. L'action avait pris 4,27% à 81,80 euros à la clôture, dans un marché en baisse de 1,37%. Un 2e administrateur a pourtant confirmé à l'AFP que le sujet avait été abordé en conseil d'administration, résumant ainsi l'état d'esprit de la séance : "s'il devait avoir une OPA hostile, la banque se défendrait". L'hypothèse d'un rapprochement de la Générale avec BNP Paribas pour contrer une éventuelle OPA d'un groupe étranger a ressurgi ces derniers jours (lire notre article).
"Il a cru être dans un autre monde"
Daniel Bouton s'est aussi dit mercredi soir "déterminé" à ce que l'affaire ne touche pas les clients, affirmant n'avoir "jamais rencontré" Jérôme Kerviel. Sur les accusation de ce dernier envers sa hiérarchie, le PDG a répondu par une question : "quel crédit accorder à quelqu'un qui réussit à dissimuler de la sorte ?". "Il a cru être dans un autre monde, un monde de la haute finance spéculative, et cela n'est pas la Société Générale". Il a aussi promis que la banque allait "contrôler mieux la partie qui était en train d'aller un peu trop vite".
A la question de savoir s'il était "sous surveillance" après la création d'un comité de crise sans lui, il a jugé cela "normal (...) Il faut que cela soit fait de manière indépendante". Reconduit dans ses fonctions par le conseil d'administration, il a affirmé être un "homme de devoir" qui ne "va pas sauter par dessus bord", refusant tout "commentaire" sur la suggestion implicite de Nicolas Sarkozy pour qu'il démissionne.
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