La Société Générale pourrait devenir une proie © LCILe nouveau volet judiciaire de l'affaire Société Générale en marge de l'enquête sur les agissements du trader Jérôme Krievel (Voir notre article), s'enrichit d'un nouvel élément. L'Autorité des marchés financiers (AMF), qui est tenue de communiquer systématiquement sur les ventes et achats d'actions par les dirigeants des sociétés cotées, l'a annoncé ce mardi : un membre du conseil d'administration de la Société Générale, qui avait déjà vendu pour plusieurs dizaines de millions d'euros d'actions de la banque le 9 janvier, a cédé de nouveau pour plus de 40,5 millions d'euros le 18 janvier, jour où les premiers soupçons de "fraude" sont apparus.
Après cette nouvelle annonce, la Société Générale a tenu à nier tout délit d'initié ce mardi. "Avant ces cessions, R. Day, comme les autres membres du conseil, n'était pas informé des pertes de trading de J. Kerviel", affirme la banque. Elle ajoute qu'ils n'étaient pas non plus informés que des dépréciations supplémentaires liées aux emprûnts "subprimes", les crédits hypothécaires à risque, seraient annoncées pour un montant de 2 milliards d'euros. "Ces dépréciations et pertes ont été communiquées au conseil le 20 janvier", précise encore la banque avant d'ajouter que "Robert Day est prêt à apporter sa coopération à toute enquête sur ce sujet".
Plainte contre X
Cette annonce intervient alors que certains actionnaires se posent des questions sur les mouvements sur les actions de la banque. L'avocat d'une centaine d'actionnaires de la Société Générale a annoncé lundi avoir déposé une plainte contre X auprès du procureur de Paris pour "manipulation de cours" et "délit d'initié".
Cette plainte vise notamment cet administrateur de la Société Générale qui avait déjà vendu 85,7 millions d'euros d'actions de la banque le 9 janvier selon l"AMF a précisé Me Frederik-Karel Canoy. L'Association des petits porteurs actifs (APPAC) a de son côté demandé lundi l'ouverture d'une information judiciaire, également pour "délit d'initié".
754ème fortune mondiale
Durant la séance du 18 janvier, le titre Société Générale avait dévissé de plus de 8%, alors que circulaient des rumeurs sur l'ampleur des pertes que le groupe allait devoir annoncer. Robert A. Day pourrait expliquer sa vente massive en affirmant que, comme de nombreux acteurs, il craignait une aggravation de la crise des subprimes, en particulier pour la Société Générale. La "fraude" a été rendue publique le 24 janvier mais les premiers soupçons étaient justement apparus le 18 janvier, selon la banque.
De nationalité américaine, Robert A. Day a 64 ans et est administrateur de la banque depuis 2002. Son mandat, renouvelé en 2006, expire en 2010. Le magazine Forbes le classait en août à la 754ème place des personnes les plus riches du monde.
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