Télécabines dans la station de Chamrousse, dans l'Isère © TF1/LCILe groupe finlandais Amer Sports, propriétaire des marques Salomon et Atomic, a annoncé jeudi qu'il allait mettre fin à la production de skis en France, et supprimer 400 emplois dans le monde en 2008 dans le cadre de sa restructuration. Une catastrophe pour les deux sites de Salomon en Haute-Savoie : le groupe emploie 1500 salariés à Rumilly et Metz-Tessy. "Les principales mesures envisagées sont l'arrêt de certaines productions, dont la production de skis à Rumilly (...) et la fermeture du site. (...) En France, ce projet pourrait conduire à la suppression de 284 postes", a simplement indiqué le groupe Salomon dans un communiqué. Sur les suppressions de postes envisagées, 250 concernent le site de Rumilly, et 34 celui d'Annecy.
Désormais Annecy, où se trouve le siège de Salomon, "va devenir le centre de compétence pour les chaussures de ski, les chaussures et les fixations de cross-country (ski de fond), les vêtements, les chaussures et les cycles", a précisé le communiqué de la maison-mère finlandaise. "Altenmarkt, en Autriche, va devenir le centre de compétence pour les articles de glisse". La nouvelle structure sera mise en place au cours du printemps 2008.
Une image associée aux Jeux Olympiques
Créée en 1947, la marque Salomon a pourtant longtemps été un fleuron de l'industrie hexagonale, avant de connaître des difficultés, entraînant des rachats et des suppressions d'emplois. Le groupe a bâti son image en l'associant à des sportifs de haut niveau participant aux Jeux Olympiques, et ce dès 1966 à Portillo (Chili). Les Français Carole Merle et Antoine Dénériaz, l'autrichien Marc Girardelli, la croate Janica Kostelic, l'italien Giorgio Rocca ont entre autres été ses ambassadeurs. Leader mondial dans les fixations en 1972, le groupe devait être racheté par Adidas en 1997, puis vendu huit ans plus tard au finlandais Amer Sports pour 485 millions d'euros. Alors que les bénéfices reculaient, ce dernier engageait alors une restructuration de l'entreprise pour "pérenniser sa compétitivité".
Ce sont de nouveau ces arguments de compétitivité qui ont été utilisés jeudi pour justifier l'arrêt de la production en France, mettant fin symboliquement à cette légende du ski. "Malgré le bon enneigement dans la plupart des principaux marchés des sports d'hiver en décembre, les niveaux de renouvellement des équipements de sports d'hiver sont restés bas", a plaidé Amer, dont le chiffre d'affaires 2007 a reculé de 27% sur 2006. Le directeur général de Salomon, Bernard Millau, a également justifié cette décision par une "baisse du marché global de l'équipement des sports d'hiver d'environ -30%", ajoutant : "nous devons nous organiser pour être viables dans ce nouveau contexte".
Les difficultés de Salomon illustrent le déclin des industries de main d'oeuvre françaises, concurrencées par les pays à bas coûts. L'autre marque mythique de skis français, son concurrent Rossignol, racheté en 2005 par l'américain Quiksilver, restructure lui aussi ses sites français en profondeur.
D'après agence
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