L'Europse s'intéresse à la Société Générale © R. Bousquet / LCI"Il faut sauver la Société Générale". C'est le message plus ou moins avoué qui résonne ces jours-ci tous azimuts et jusqu'au plus haut niveau de l'Etat français. A peine le temps de réaliser que les pertes record de la banque ont fragilisé sa situation financière et surtout entamé sa crédibilité, les élus de la majorité ont commencé a demander à demi-mot une intervention de l'Etat dans le dossier, au nom de la sacro-sainte protection des intérêts économiques du pays. Par "sauver" il faut donc comprendre "faire en sorte que la SocGen reste française".
"Il faut sans doute accompagner la Société Générale, pour que ce moment où on parle beaucoup d'elle ne soit pas mis à profit, par des banques étrangères en particulier, pour essayer de la racheter", a ainsi estimé Jean Arthuis. Patrick Devedjian, le secrétaire général de l'UMP, pourtant considéré comme un libéral, y est aussi allé de son couplet interventionniste : "L'Etat n'est pas obligé de rester inerte quand la substance même de son économie est en péril". Mardi, François Fillon avait donné le ton en assurant que la banque devait "rester française" et que son gouvernement "ne laissera pas la Société Générale être l'objet de raids hostiles".
Attention aux "prédateurs"
L'opposition n'est pas en reste. Le Premier secrétaire du parti socialiste François Hollande a estimé mercredi que si la Société Générale était menacée d'un raid boursier, il faudrait que la Caisse des Dépôts intervienne pour la protéger des "prédateurs" afin que la banque reste française. A l'heure ou la première banque française, BNP Paribas, est attendu par certains en sauveur et commence à avouer à demi-mot son intérêt (Voir notre article), l'Europe ne cache pas son agacement.
Ces interventions - et c'est un euphémisme - ont en effet été peu goûtées par la Commission européenne. Mercredi, elle appelait déjà à traiter de manière égalitaire les éventuels candidats au rachat de la banque Société Générale. "Les mêmes règles s'appliquent que dans d'autres situations de rachat. Les candidats potentiels doivent être traités de manière non-discriminatoire", a mis au point un porte-parole de la Commission.
Cette attitude "n'est plus de notre temps".
Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker en a remis une couche ce jeudi en affirmant que la France ne pouvait pas refuser une offre étrangère "amicale". "Je comprendrais tout à fait qu'on élimine du jeu tout ceux qui nourrissent à l'égard de la France et de la Société Générale des sentiments hostiles", a-t-il tempéré. Mais "si quelqu'un vient, d'amical, ayant un beau projet économique à proposer, pourquoi le refuser ? Seulement parce qu'il n'est pas français?", s'est désolé Jean-Claude Juncker sur Europe 1, ajoutant que cette attitude "n'est plus de notre temps".
Critiquant implicitement le PDG de la banque, Daniel Bouton, maintenu à son poste, il a aussi remarqué que "si dans un ministère un événement de ce type se produisait, on demanderait au ministre de quitter sa fonction". En d'autres termes, pour Juncker, en cédant à la tentation protectionniste et en confirmant Bouton dans ses fonctions, les Français ont tout faux.
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