Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva à la remise du rapport Attali le 23 janvier 2008 © Olivier Levard / LCIAnne Lauvergeon est une des femmes les plus puissantes du monde. C'est le magazine américain Forbes qui l'affirmait récemment, en consacrant sa couverture à la présidente du directoire d'Areva, géant français du nucléaire.
Elle est donc une des membres les plus médiatiques de la commission Attali. Ce mardi, lors de la conférence de presse de présentation du rapport et la veille d'un départ pour l'Inde dans la délégation Sarkozy, Anne Lauvergon était assaillie.
Entre une nuée de photographes et un jeune homme qui la tannait pour qu'elle sponsorise "les 24 heures du Mans à l'hydrogène", la président d'Areva a répondu aux questions de LCI.fr. Anne Lauvergon évoque la méthode de travail de la commission, les propositions pour les universités, et un éventuel conflit d'intérêt à y participer, comme chef d'entreprise.
LCI.fr : Vous avez une grosse entreprise à diriger. Quel niveau d'investissement personnel vous a demandé cette mission?
Anne Lauvergeon, présidente d'Areva et membre de la commission Attali : Lorsque Jacques Attali m'a proposé de rejoindre la commission, j'étais inquiète de ne pas avoir le temps d'y participer. Il m'a assuré qu'il n'y aurait qu'une réunion par mois. Il y en a en fait eu plusieurs par semaine. Je n'ai pas pu participer à toutes mais je recevais des mails la nuit, des documents le matin!
LCI.fr : Vous n'avez pas l'air de vous en plaindre...
A. L. : Echanger les points de vues avec des gens venus d'horizons très différents a été une expérience formidable, cela m'a permis d'apprendre beaucoup de choses. Malgré ces différences, nous avons en plus réussi à éviter les tiraillements.
LCI.fr : Comment avez-vous conçu le document final?
A. L. : Le travail le plus difficile a été ce "déroulement" des propositions. Nous souhaitions faire des choix clairs et rester simples en résistant à la tentation technocratique. Nous devions avoir une idée fixe : qu'est-ce qui va faire de la croissance?
LCI.fr : En tant que présidente d'Areva, n'était-il pas délicat de participer à un rapport favorable au nucléaire?
A. L. : En aucune façon. J'ai su m'écarter lorsqu'il y avait un conflit d'intérêt. Par exemple, lorsque l'on m'a demandé, plusieurs fois, combien de centrales nucléaires étaient nécessaires en France. Cela n'était pas à moi d'en juger : j'ai donc refusé de répondre.
LCI.fr : Vous avez présenté mardi après-midi le volet du rapport consacré aux universités. Vous êtes favorable à un financement privé des "super-universités" défendues par le rapport?
A. L. : Je crois en effet qu'il faut associer bien davantage les entreprises à la formation universitaire mais ce financement ne sera pas uniquement privé. Il y aura aussi un soutien de la Caisse des dépôts, qui appartient à l'Etat.
LCI.fr : Des entreprises pourraient s'associer à un master ou financer une chaire?
A. L. : Bien sûr, ce type d'association existe aux Etats-Unis et porte ses fruits. Il faut travailler ensemble étroitement et trouver un système qui profite à tous.
LCI.fr : Vous risquez d'être accusés de privatiser les facs...
A. L. : Il ne faut pas l'instaurer en système mais il nous arrive déjà de plus en plus de travailler avec les universités. Chez Areva, nous sommes prêts à aller encore plus loin, à les financer davantage.
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