Daniel Bouton, ex-président de la Société Générale © LCILe conseil d'administration "ordinaire" qui se tient ce mercredi à la Société Générale a tout d'une réunion de crise. Il pourrait s'avérer crucial pour le PDG de la Banque Daniel Bouton qui a posé sa démission sur la table la semaine dernière. Pendant sa garde à vue ce week-end, le trader, mis en examen pour "abus de confiance", "faux et usage de faux", a mis en cause sa hiérarchie, indiquant qu'il lui "semblait bénéficier d'une certaine tolérance" (voir la vidéo).
"Je ne peux croire que ma hiérarchie n'avait pas conscience des montants que j'engageais, il est impossible de générer de tels profits avec de petites positions", aurait expliqué Jérôme Kerviel, selon des extraits de procès verbaux diffusés sur le site Médiapart et authentifiés de source judiciaire.
"Monsieur Kerviel est un tricheur"
Sa quasi-absence de congés pris en 2007 aurait également "dû alerter" sa hiéarchie sur ses dissimulations, a-t-il estimé, expliquant qu'"un trader qui ne prend pas de vacances est un trader qui ne veut pas laisser son book à un autre". Si le trader a bel et bien reconnu la matérialité des faits qui lui sont reprochés, il suggère plus qu'il ne prouve l'implication de sa hiérarchie.
"Monsieur Kerviel est un tricheur", résume Me Jean Veil (voir la vidéo). "Alors un mensonge de plus, un mensonge de moins...", estime l'avocat de la Société Générale, pour qui le jeune homme, par ses actions, a "mis en péril 130.000 familles" de salariés de la banque. Mais pour les avocats du courtier, la Société Générale a mis en place un "écran de fumée" afin de faire reposer la responsabilité des pertes sur les seules épaules de Kerviel. Devant la presse, le procureur de la République avait pour sa part expliqué lundi qu'il y a "tout un travail d'investigation pour savoir quelles étaient les limites admises, quelles étaient les tolérances au-delà des limites admises". L'Association des actionnaires salariés de la Société Générale a décidé de déposer une plainte contre X.
| "La prochaine fois tu pourrais perdre" |
Le Canard enchaîné rapporte mercredi qu'à l'été 2005, sans couvrir ses positions, Kerviel avait réalisé une plus-value de 500.000 euros en pariant à la baisse à la bourse de Londres, juste avant les attentats dans la capitale britannique. "Tu as eu de la chance. Ce coup-ci, tu as gagné, la prochaine fois tu pourrais perdre. On ne peut pas travailler comme ça", lui aurait alors dit sa hiérarchie, aurait relaté le trader aux policiers. Mais selon Mediapart, le trader n'aurait même pas été tancé pas ses supérieurs. La banque aurait, selon l'hebdomadaire, tout de même empoché ce bénéfice. Ce qui rend le trader amer : "Tant que nous gagnons et que cela ne se voit pas trop, on ne dit rien", a-t-il expliqué : "Pas vu, pas pris. Pris, pendu". |
D'après agences
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