Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale mis en cause dans la fraude qui a coûté 4,9 milliards d'euros à la banque © TF1/LCI
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| Le portrait de Jérôme Kerviel en images |
Personne ne sait encore où il se trouve mais tous s'interrogent sur la personnalité du trader qui aurait fait perdre près de 5 milliards d'euros à la Société Générale. Jérôme Kerviel était apparemment un étudiant lambda. Décrit comme un "bosseur sans problème", par la faculté de Lyon 2, où il a obtenu son master en finance de marché en 2000, il est, dans les études comme dans les stages, plutôt bien vu, mais sans plus. "Si c'est un génie, on ne l'avait pas repéré", a déclaré vendredi le responsable du Master finance de l'université, Dominique Chabert. En août 2000, l'été qui suit la fin de ses études, son master mention "assez bien" en poche, il entre à la Société Générale, au sein de la division banque d'investissement et de financement (SG CIB).
Il travaille d'abord dans le "middle office" où il acquiert la connaissance "aussi intime que perverse" des procédures de contrôle de la banque, selon les mots de Jean-Pierre Mustier, le patron de SG CIB, lors de la conférence de presse des dirigeants de la banque jeudi. Cinq ans plus tard, il passe du côté "front office", où il est chargé de "prendre des positions" sur des indices de contrats de "futures" (contrats à terme, ndlr). Il y reste jusqu'au 22 janvier 2007, date, selon son avocate, de sa mise à pied par la banque.
"Il n'allait pas bien"
A Pont-l'Abbé, sa ville d'origine dans le Finistère, c'est la stupéfaction. On reste anonyme mais on hésite pas à contredire la thèse de l'homme qui a agi seul pour faire perdre 4,9 milliards d'euros à la Société Générale. "C'est un garçon bien, intelligent, à qui on fait porter le chapeau", martèle un membre de sa famille, qui souhaite rester anonyme. "C'est un garçon comme il faut, qui n'est pas selon moi responsable de ce qu'on lui reproche. C'est ma conviction", assure cette personne, membre de la famille Kerviel. "C'est une famille honorable, honnête et très respectée" à Pont-l'Abbé, ajoute-t-elle.
Selon plusieurs sources, Jérôme Kerviel traversait ces derniers temps une mauvaise passe. La direction des ressources humaines de la Société Générale aurait récemment évoqué auprès des syndicats "un être fragile" traversant des "difficultés familiales". Une version qui expliquerait le départ précipité de sa mère de Pont-l'Abbé pour la région parisienne, afin de rejoindre son fils "qui n'allait pas bien".
Très apprécié à Pont-l'Abbé, Jérôme Kerviel avait rejoint en 2001 la liste UMP pour les municipales, même s'il "figurait pas en position éligible", assure le maire Thierry Mavic dans le Télégramme de Brest. "Il s'intéressait à la vie publique et politique. C'était un jeune homme posé, tranquille, réfléchi. Un peu réservé", explique-t-il. Par ses anciens voisins, il est décrit comme un jeune homme "discret, serviable, gentil". Il revenait de temps à autres. "Il était parti depuis longtemps de Pont L'Abbé mais je pense qu'il n'a rien fait de mal. Il y a quelqu'un qui l'a foutu dedans", estime un proche. Pour la Société Générale, la perte de 4,9 milliards d'euros est imputable à un seul trader. La justice, elle, reste prudente, avance que l'enquête s'avère d'ores et déjà d'une "très grande complexité" et se garde de tirer "une quelconque conclusion"...
D'après agences
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