Jérôme Kerviel| Le portrait de Jérôme Kerviel |
Après 48 heures de garde à vue à la brigade financière et une présentation aux juges Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset au pôle financier du parquet de Paris, Jérôme Kerviel a discrètement quitté lundi soir le pôle financier sans que les journalistes puissent l'interroger. Le jeune trader de la Société générale, auquel est imputé une perte record de 4,9 milliards d'euros, a été mis en examen lundi soir pour "abus de confiance", "faux et usage de faux" et "introduction dans un système de traitement automatisé de données informatiques", mais il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire, a annoncé son avocate, selon qui aucune caution n'a été demandée. Le parquet a décidé de faire appel de cette mise en liberté.
En attendant, Jérôme Kerviel a dû remettre son passeport ("qui est périmé", selon son autre avocat) aux autorités judiciaires. Il ne peut donc pas quitter le territoire. Selon une source judiciaire, le contrôle judiciaire comprend aussi une interdiction de rencontrer ou d'entrer en relation avec toute personne travaillant à la Société Générale à l'exception du personnel de l'agence où le courtier détient ses comptes et toute activité d'opérateur de marché et toute activité relative aux marchés financiers.
Les juges d'instruction n'ont pas suivi toutes les demandes du parquet
Une décision lourde de sens : elle démontre que les juges d'instruction retiennent sa version, celle d'un salarié qui a a voulu faire du zèle, alors que son ex-employeur lui impute la plus importante "fraude" de l'histoire de la finance. D'où la satisfaction de ses avocats (voir la vidéo). "C'est une grande victoire, mais ça n'est que justice", a déclaré son avocate. "Le magistrat n'a pas suivi le parquet qui, manifestement, demandait trop de choses. Le juge a décidé qu'il n'y avait pas matière à détention provisoire. Il n'a fait qu'appliquer la loi", a estimé son autre autre conseil.
Des réactions aux réquisitions du procureur qui avait demandé dans la journée le placement en détention provisoire de Jérôme Kerviel, en évoquant des risques de "pressions" et la nécessité de protéger le suspect. Les juges d'instruction ont en outre abandonné les incriminations d'"abus de confiance aggravé" et de "tentative d'escroquerie" requis par le parquet.
Les conseils du trader ont en outre critiqué devant les journalistes en marge del'audition la plainte de la banque, car selon eux les pratiques d'engagement des traders au-delà des autorisations théoriques étaient connues et tolérées de la direction.
Il a "pété les plombs"
Jérôme Kerviel, 31 ans, s'était présenté spontanément samedi à la brigade financière. Devant les policiers, il a reconnu avoir pris des engagements importants sans autorisation, et dissimulé certains de ses actes illicites, mais a dit avoir agi par seul intérêt professionnel. Il a souligné que les positions qu'il a prises n'ont généré une perte que parce que la Société Générale a décidé de les liquider. Jérôme Kerviel a aussi tre fait valoir qu'il n'était pas le seul à faire prendre des risques à sa banque, mais que d'autres traders ont agi de même "à un moindre niveau", selon le procureur de Paris. (lire notre article).
Lundi soir, Nicolas Sarkozy a estimé qu'une crise comme celle de la Société Générale "ne peut pas rester sans conséquences s'agissant des responsabilités" (lire notre article). Selon le ministre du Budget, Eric Woerth, qui s'exprimait lundi sur i-Télé, le jeune trader a "totalement pété les plombs". Le ministre a plaidé pour plus de contrôle dans les institutions financières qui travaillent sur des "produits de plus en plus complexes".
Retour MYTF1

Chargement en cours...




