La perquisition chez le frère de Jérôme Kerviel le 30 janvier © LCILes enquêteurs recherchaient cet ordinateur depuis le début de l'affaire, il y a une semaine. Ils ne l'avaient pas trouvé au domicile de Jérôme Kerviel, à Neuilly, perquisitionné vendredi dernier. C'est finalement chez son frère, Olivier Kerviel, que, selon une source judiciaire, la brigade financière a saisi l'ordinateur personnel du trader de la Société Générale accusé d'être à l'origine d'une perte record de 4,9 milliards d'euros.
Et pour cause : les investigations ont établi que le jeune trader de 31 ans s'était installé chez son frère vers la fin de la période où il se livrait à des prises de positions sans couverture de risque à la Société générale, ce qui l'avait conduit à une situation très tendue.
Un examen technique de cet ordinateur va être effectué par les enquêteurs pour extraire de sa mémoire tous les documents et courriers électroniques en relation avec les faits. Lors de leur perquisition mercredi chez Olivier Kerviel, près de la gare Saint-Lazare, les policiers ont saisi d'autres documents et effets personnels de Jérôme Kerviel.
Jérôme Kerviel "avait beaucoup changé ces derniers temps"
Selon un membre de son entourage professionnel, dans la période qui a précédé la découverte de cette situation par la direction de la banque, située par la Société générale au 18 janvier, le trader avait changé de comportement. "Il avait beaucoup changé ces derniers temps, il s'était mis à beaucoup fumer, on l'a souvent vu les larmes aux yeux, on ne savait pas pourquoi car il ne se livrait pas".
Les juges Renaud Van Ruymbeke et François Desset, chargés du dossier, ont délivré une commission rogatoire générale à la brigade financière. D'autres perquisitions dans l'entourage du jeune homme sont attendues, selon une source judiciaire.
Pas de complicité des deux frères
Olivier Kerviel travaillait jusqu'à fin 2007 à B.Capital, une filiale de BNP Paribas. Son avocat a démenti des informations de presse qui lui imputaient des problèmes pénaux. "Les accusations lancées participent d'un lynchage médiatique insupportable qui vise à jeter le discrédit sur toute la famille", a-t-il dit. Le parquet de Paris a également démenti des allégations de la presse britannique spéculant sur une possible complicité des deux frères dans l'affaire. Olivier Kerviel devrait toutefois être entendu en qualité de témoin.
Jérôme Kerviel, mis en examen lundi soir pour "faux et usage de faux, abus de confiance, introduction dans un système de traitement automatisé de données", a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire et se tient à l'écart des médias. Le parquet, qui dit craindre un risque de fuite, des pressions et un accès de désespoir du jeune homme, a fait appel de sa remise en liberté. L'audience d'examen de cette demande devant la chambre de l'instruction de Paris devrait se tenir en fin de semaine prochaine, plus tôt que ce qui était prévu.
Les magistrats ont par ailleurs auditionné jeudi matin Christian Schricke, secrétaire général du groupe Société Générale, en tant que partie civile. Il a "fourni au juge des explications sur l'organigramme de la Société Générale en précisant notamment quel était le positionnement de M. Kerviel à la banque et notamment au sein de la division banque d'investissement et de financement (SGCIB)", a expliqué l'avocat de la banque.
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