Vue de la cathédrale Saint-Jean à Lyon © DRLCI.fr : D'où vient le projet de "Lyon Dubaï city" ?
Jean-Michel Daclin, adjoint au maire de Lyon en charge des relations internationales : Comme toujours, c'est le fruit de circonstances. Buti Saed Al Ghandi, un investisseur dubaïote, voulait implanter une université francophone à Dubaï et quand il est venu à Lyon, il a eu un coup de cœur pour la ville. Il a alors eu l'idée de recréer plusieurs quartiers de Lyon dans sa ville, des quartiers qui ont un patrimoine, qui ont un côté intime. Ce n'est pas un projet de ville-musée mais un projet vivant.
LCI.fr : A quoi cela va-t-il ressembler ?
J.M Daclin : C'est d'abord un projet immobilier. La société Emivest dispose de 400 hectares à Dubaï : il y aura donc des logements et des commerces qui s'inspireront de l'architecture lyonnaise, à la fois du style Renaissance du Vieux-Lyon, du XIXe des Soyeux ou encore du centre ville. Mais ça ne s'arrête pas là : plusieurs partenariats ont été signés avec des institutions lyonnaises. L'université Lyon 2 ouvrira une antenne à Dubaï dès septembre 2008 sur le même principe que la Sorbonne à Abu-Dhabi. Des professeurs iront y donner des cours.
Un projet d'école de cuisine est également prévu en partenariat avec l'institut Paul Boccuse et le groupe Accor pour former des jeunes gens. Emivest est en discussion avec l'école de commerce de Lyon ainsi qu'avec l'Institut Lumière dans le but de créer une cinémathèque à Dubaï. L'Olympique lyonnais a également été sollicité pour créer un centre d'entraînement à Dubaï ainsi que trois terrains. Ce sera aussi bien, voire mieux qu'au centre d'entraînement lyonnais.
Enfin, Lyon dispose d'un Musée du textile assez méconnu en France mais qui dispose d'un fond très important. Il est dont prévu de créer une antenne du musée à Dubaï où pourraient être exposées les collections. Ce sera également un pied dans cette région du monde pour le textile français et lyonnais.
LCI.fr : Vous signez aujourd'hui l'accord avec l'investisseur. A quelle échéance ce petit Lyon verra-t-il le jour dans la capitale des Emirats arabes ?
J.M Daclin : Ça va aller très vite. Les 9 prochains mois vont être mis à profit pour étudier les modalités opérationnelles du projet. Emivest met 500 millions d'euros dans l'affaire mais cherche d'autres partenaires. Ensuite, les travaux devront être réalisés en un an pour une inauguration vers fin 2009. Nous ne sommes pas habitués à ces délais en France.
LCI.fr : Quelles retombées attendez-vous pour Lyon ?
J.M Daclin : D'abord, ce quartier portera le nom de Lyon : c'est une superbe vitrine pour notre ville. Dubaï est aujourd'hui la Suisse du Moyen-Orient. Il y a beaucoup d'argent qui se ballade dans cette région du monde et je veux que Lyon y soit présent. Nous envisageons une liaison aérienne directe entre Lyon et Dubaï. La municipalité ne met pas d'argent dans ce partenariat mais le suivra de près et sera attentive à ce que la marque ne soit pas galvaudée. Je souhaite éviter que cela ressemble à une sorte de Disneyland mais a priori, ce n'est pas la direction qui est prise.
LCI.fr : Vous parlez de marque, les villes sont-elles désormais des marques ?
J.M Daclin : Pas au même titre qu'un yaourt mais oui, c'est une marque. Les villes ont une identité, attirent plus ou moins les investisseurs, les touristes... Tout cela se mesure. Jusqu'il y a peu, Lyon se traînait, à tort, une image un peu brouillardeuse, un peu grise. Aujourd'hui, les choses changent et les Lyonnais en sont les premiers surpris : ils voient de plus en plus de touristes, et notamment des Japonais, déambuler dans leurs rues et réalisent que leur ville peut plaire.
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