Les salariés de la SOciété Générale réunis le 30 janvier devant le siège de leur banque © LCI |
| Témoignages : "Il ne faut pas que le capitaine quitte le navire" |
Le PDG de la Société Générale a trouvé ce matin un soutien inattendu alors qu'il assistait au conseil d'administration de sa banque. Un conseil d'aministration, réunissant 16 personnes, qui devait principalement aborder la question de son avenir au sein du groupe après la révélation de "l'affaire Kerviel" (lire notre article). On devrait connaître les conclusions de la réunion vers 15h. Plusieurs centaines de salariés de la Société Générale se sont brièvement rassemblés mercredi matin devant le siège de la banque à La Défense pour affirmer leur confiance en Daniel Bouton.
"Nous sommes venus pour le soutenir", a ainsi déclaré Yasmine, salariée de la banque d'investissement et de financement de la Société Générale. "Son départ ne ferait qu'aggraver la situation", a-t-elle estimé, ajoutant qu'il fallait quelqu'un qui connaisse "bien la maison" pour la sortir de la crise provoquée par l'annonce de quelque 7 milliards de pertes, liées, selon la banque, aux opérations d'un trader et aux "subprime".
Ce n'est pas "l'affaire des politiques"
Cela "nuirait à l'entreprise", a renchéri Anne, une autre salariée qui a refusé de donner son nom. La démission de M. Bouton, 57 ans, a été réclamée ces derniers jours par plusieurs dirigeants politiques et la question de son maintien à son poste devait selon toute probabilité être examinée mercredi matin lors d'un conseil d'administration.
Le président Nicolas Sarkozy a lancé la charge lundi soir, estimant qu'une telle crise ne pouvait "pas rester sans conséquences". "On est dans un système où, quand on a une forte rémunération qui est sans doute légitime, et qu'il y a un fort problème, on ne peut pas s'exonérer des responsabilités", a-t-il affirmé. Ce n'est pas "l'affaire des politiques", a rétorqué Nathalie, une autre salariée. Cette manifestation s'est terminée en fin de matinée.
La SocGen "reste très solide"
Le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, a assuré mercredi que la position du gouvernement n'était pas de "chercher des boucs émissaires" dans cette affaire, soulignant toutefois qu'il était "légitime que les responsabilités soient clairement établies". Il a rappelé "le rapport (sur la banque) commandé par le Premier ministre sera rendu public lundi". "Une fois qu'on sait ce qui s'est passé, il faut en tirer les leçons plus largement sur l'ensemble du fonctionnement et les règles prudentielles éventuelles qu'on doit adopter", a ajouté Laurent Wauquiez. "Après, on verra bien les scénarii" a-t-il poursuivi, soulignant que "la Société Générale est un établissement qui reste très solide et cette année encore elle a fait des bénéfices".
Dans un entretien publié dans Le Monde (daté de mercredi), le directeur général de BNP Paribas estime que la crise financière n'est pas finie. La banque de Baudoin Prot a publié ses résultats de 2007 à l'avance : 7.8 milliards d'euros de bénéfice net. Un record, plus de 10 fois celui de la Société Générale. Interrogé sur la Société Générale et l'opposition du gouvernement à un "raid hostile" sur la banque, il s'est refusé à tout commentaire.
| La question du rachat de ne se pose pas, selon Woerth |
Le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, a jugé mercredi que la question du rachat du réseau de la Société générale ne se posait pas. Interrogé, à la sortie du conseil des ministres, sur le point de savoir si l'avenir de la banque passait par son rachat par un autre établissement, il a répondu : "Je crois qu'il n'y a pas de risques, ce sont des questions qui n'ont pas lieu de se poser". Il a par ailleurs jugé qu'il n'"y avait pas de risque" d'un démantèlement de la Société Générale. Parmi les scénarios qui circulent à propos de la Société générale, il y a celui d'une division entre la banque de détail (notamment le réseau des agences) et la banque d'investissement, où travaillait le trader Jérôme Kerviel. |
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