Image d'archives.Des ventes massives de la Société Générale qui perturbent les autorités bancaires américaines au point d'influencer leur politique économique : c'est la thèse avancée ce vendredi par une partie de la presse américaine, dont l'emblématique Washington Post.
Les énormes volumes de ventes de la Société Générale au début de la semaine auraient ainsi au minimum préparé le terrain pour la baisse des taux de la Fed, la Banque Fédérale Américaine. "Certains analystes suggèrent que les volumes élevés de ventes par la Société Générale lundi, qui liquidait secrètement les positions prises par son courtier, ont contribué à la chute globale des marchés actions qui a conduit la Fed à réagir " par la baisse d'urgence de ses taux d'intérêt mardi, écrit ainsi le Washington Post. Une intervention massive qui avait surpris les marchés.
"Ce ne sont pas des Rolex"
Une source au sein de la Fed, qui s'est exprimée anonymement auprès du quotidien, a déclaré que la Réserve fédérale n'était pas au courant lundi de ces ventes par la Société Générale. Ce qui renforce la thèse d'un mouvement sur le marché des actions mal interprété par Ben Bernanke, le patron de la Fed.
"La Fed a-t-elle été piégée ?", se demande carrément David Gaffen, journaliste, dans un blog publié par nos confrères du site Web du Wall Street Journal. Avec le recul sur les ventes de la Société générale, nous pouvons voir "la décision de la Fed sous un jour nouveau", estime-t-il: "Pour être clair, ils sont tombés dans le panneau".
Féroce, il associe à son billet une photo de montres de pacotilles avec cette légende : "Mr. Bernanke. Si vous voyez ces montres dans la rue, ne les achetez pas. Ce ne sont pas des Rolex". Et cite Barry Ritholtz, conseiller financier qui se désole de cette apparente volonté de la Fed qui est de venir au secours du marché des actions, "ce qui n'est pas le rôle de la Fed".
"C'est complètement ridicule"
A la différence d'une partie de la presse anglo-saxonne, aucun spécialiste français n'estime encore que l'opération a provoqué la chute des bourses, et encore moins qu'elle a influencé l'abaissement spectaculaire des taux de la Réserve fédérale.
"C'est complètement ridicule. On peut se poser beaucoup de questions sur cette opération, mais je ne peux pas croire que la Fed décide d'abaisser ses taux pour quelques jours de volumes inhabituels sur les contrats à terme", juge Lionel Jardin de Global Equities.
Il estime par ailleurs que la Fed était sans doute au courant des difficultés de la Société Générale, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer ayant indiqué que "toute l'information (avait) été donnée" à ses homologues internationaux, "quand c'était opportun".
"Volumes tout à fait anormaux"
Frédéric Rozier, gérant de Meeschaert, s'interroge davantage sur les rumeurs de marché "évoquant des pertes colossales, de l'ordre de 40 milliards d'euros", qui avaient précédé l'opération de la Société Générale et fait plonger le titre dès le vendredi 18 janvier.
Cette dégringolade s'était accompagnée d'une explosion des volumes, c'est-à-dire de la quantité d'actions échangées chaque jour. "Il serait sans doute intéressant que l'Autorité des Marchés Financiers se penche là-dessus. Ces volumes sont tout à fait anormaux, et certaines personnes disposaient visiblement d'informations privilégiées".
Pour tirer les choses au clair, Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat, organise mercredi 30 janvier l'audition de représentants de la Banque de France, de la Fédération Bancaire Française (FBF) et de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF).
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