Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, le 24 janvier 2008 © TF1/LCIAlors que le conseil d'administration de la Société Générale a décidé de reconduire Daniel Bouton à son poste de PDG de la banque (lire notre article), l'Autorité des Marchés Financiers, la Banque de France et la Fédération bancaire française étaient auditionnés ce mercredi par la commission des Finances du Sénat.
Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a estimé lors de son audition que "tous les contrôles permanents au sein de la Société Générale ne semblaient pas avoir fonctionné comme ils auraient dû". Il a indiqué avoir informé le gouvernement, la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne (BCE) de la situation de la Société Générale, le 23 janvier, un jour avant qu'elle soit rendue publique. Selon un syndicaliste, Daniel Bouton "reconnaît qu'il va falloir améliorer les contrôles" sur les opérations financières de la banque.
Une révision des limites fixées aux traders
A l'issue de 17 inspections dans divers départements de la Société Générale entre 2006 et 2007, la Commission avait formulé au printemps des recommandations spécifiques préconisant un renforcement de ces contrôles internes. Selon lui, ces recommandations "de portée générale", mais qui ne concernaient pas les produits "relativement simples" sur lesquels a porté la fraude, demandaient notamment à la banque de renforcer les "moyens humains et techniques de surveillance des risques de marchés", surveillance considérée comme "une priorité". Christian Noyer a annoncé "une révision générale sur l'ensemble du système bancaire pour s'assurer que ces systèmes de contrôle (...) sont en place partout et efficaces partout".
Il a aussi affirmé avoir accepté le dimanche 20 janvier "le principe d'un débouclage rapide des positions" de la Société Générale. L'objectif était "la stabilité financière" et "protéger les clients" de la banque, une fois identifiée la "fraude" massive qu'elle avait subie, a-t-il indiqué, . La Société Générale a liquidé entre lundi et mercredi l'ensemble des engagements pris par son trader, perdant au final plus de 4,8 milliards d'euros et accentuant la chute des marchés boursiers en Europe.
Prada : Bouton, AMF et Banque de France ont "bien agi"
Auditionné à son tour par la commission des Finances du Sénat, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Michel Prada, a estimé que Daniel Bouton, et les autorités de contrôle, AMF et Banque de France, avaient "bien agi" dans la gestion de la crise au sein de la banque française. "Il aurait été très dangereux de faire une annonce sur la fraude sans avoir apporté les réponses appropriées", a-t-il estimé, jugeant que "le secret a permis de protéger les actionnaires".
"M. Bouton s'y est attaqué avec notre accord : en trois jours, il a coupé ses positions", c'est-à-dire liquidé les engagements pris par son trader, et organisé "une augmentation de capital" pour renflouer les fonds propres de la banque, a-t-il rappelé. Si bien que "quand il a été en mesure de présenter l'ensemble du dispositif, les réactions du marché ont été modérées", a jugé Michel Prada. "Nous n'avons pas pris d'autre décision que d'autoriser la conservation du secret sur une période de trois jours, pour permettre de déboucler des opérations et une augmentation de capital", a-t-il insisté. Michel Prada a aussi indiqué que l'enquête ouverte par l'AMF sur la Société Générale allait "examiner le cours de l'entreprise sur une longue période", ainsi que ses informations communiquées aux marchés.
Lagarde entendue lundi
La commission des Finances de l'Assemblée nationale auditionnera lundi matin prochain la ministre de l'Economie Christine Lagarde sur la crise financière et bancaire, et notamment l'affaire de la Société Générale.
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