Daniel Bouton, ex-président de la Société Générale © LCISa démission avait été réclamée ces derniers jours par plusieurs dirigeants politiques, après la révélation de "l'affaire Jérôme Kerviel", accusé d'avoir fait perdre près de 5 milliards d'euros à la banque. Plusieurs centaines de salariés de la Société Générale s'étaient rassemblés mercredi matin devant le siège de la banque, à la Défense, pour le soutenir (lire notre article).
Et les 16 membres du conseil d'administration de la Société Générale, réunis ce mercredi, ont finalement décidé, à l'unanimité, de maintenir Daniel Bouton dans ses fonctions de PDG de la banque. Le conseil d'administration de la banque "lui a renouvelé sa confiance", après que celui-ci a présenté sa démission. A l'unanimité, le conseil a aussi renouvelé sa confiance à Philippe Citerne, le n°2 de la banque.
Ouvert à une OPA amcile ou non ?
Invité mercredi soir sur France 2, Daniel Bouton a assuré : la Société Générale "peut" rester indépendante, malgré les pertes subies (lire notre article). Dans l'après-midi, un administrateur avait, sous couvert d'anonymat, annoncé que le PDG de la SocGen s'était déclaré favorable à l'étude d'une offre publique de rachat amicale.
Face à ces rumeurs, des salariés de la Société Générale ont annoncé vouloir se rassembler jeudi après-midi pour demander que le groupe reste "indépendant" et ne soit pas "démantelé". L'information avait aussitôt été démentie par la banque, qui a parlé de "rumeur sans fondement".
Un comité de crise, sans Bouton
La Société Générale a en revanche annoncé la création d'un comité spécial de trois "administrateurs indépendants" pour gérer la crise, dont n'est pas membre le PDG, composé de : l'ancien PDG de PSA Peugeot Citroën Jean-Martin Folz, qui le préside, Jean Azéma, le directeur général de Groupama et Antoine Jeancourt-Galignani, président du Comité de sélection et de rémunération. Dans une brève déclaration, Jean-Martin Folz a déclaré que Daniel Bouton et Philippe Citerne "ont pris dès le début de cette crise leurs responsabilités" en présentant leur démission au conseil d'administration mercredi matin.
Ce comité, censé s'assurer que "la gestion de la situation est bien conduite dans l'intérêt de l'entreprise, de ses actionnaires, de ses clients et de son personnel", disposera des "pouvoirs les plus étendus". Le comité devra aussi s'assurer que "les causes et les montants des pertes de trading annoncées ont bien été complètement identifiées", que "des mesures ont été -ou sont- mises en place pour éviter la survenance de nouveaux incidents de même nature" et que "l'information diffusée par la banque rende compte fidèlement des constatations des investigations".
Dans le même temps, l'Autorité des Marchés Financiers, la Banque de France et la Fédération bancaire française étaient auditionnés ce mercredi par la commission des Finances du Sénat (lire notre article). Un expert indépendant, choisi par le CCE de la Société Générale, sera prochainement nommé pour une mission spécifique sur les contrôles, les systèmes de rémunération et l'organisation du travail, ont annoncé jeudi soir les syndicats de la banque.
Pas d'enquête pénale pour l'instant pour délit d'initié
Parallèlement, le procureur de Paris a indiqué mercredi que le parquet de Paris n'ouvrait pas en l'état une enquête pénale pour "délit d'initié" dans l'affaire de la Société Générale, mais avait demandé l'avis officiel de l'Autorité des marchés financiers. La plainte d'une centaine d'actionnaires de la banque concerne la vente par un administrateur de la Société générale, Robert Day, d'un million d'actions de la Société Générale les 9 et 10 janvier et de 500.000 actions le 18 janvier. Le plaignant soupçonne l'administrateur d'avoir vendu car il connaissait l'existence des positions risquées prises par Jérôme Kerviel.
Daniel Bouton a indiqué au Comité central d'entreprise (CCE) que la banque avait procédé à six licenciements à la suite des pertes de 4,8 milliards d'euros imputées à Jérôme Kerviel, selon un syndicaliste. Il avait annoncé à la presse jeudi dernier, lors de la révélation de l'affaire, que "toutes les personnes de la ligne hiérarchique de supervision, jusqu'au patron mondial des actions" de la banque, soit "quatre ou cinq personnes", avaient été renvoyées et que Jérôme Kerviel avait été mis à pied.
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