Société Générale : pourquoi une telle perte ?

Par , le 24 janvier 2008 à 17h23 , mis à jour le 07 juin 2010 à 18h35

Dossier : Kerviel, le procès

Un trader aurait pris au sein de la banque des positions "extrêmes" sur des produits dérivés. Pour une perte de 4,9 milliards d'euros.

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4,9 milliards d'euros. La fraude dont la Société Générale se dit victime de la part d'un de ses traders atteint une ampleur inégalée.  La banque a précisé que la fraude portait sur des produits appelés plain vanilla ("vanille pure", en français), des produits financiers dérivés simples.

Plus d'infos

  • Qu'est-ce qu'un produit dérivé ?

Ce sont des instruments financiers qui s'appuient sur un produit dit "sous-jacent" telles une action, une obligation mais aussi une matière première ou une monnaie. Ils permettent de répartir le risque qui est lié à la variation du prix de ce produit entre plusieurs investisseurs, certains spéculant sur sa hausse, d'autre sur sa baisse. L'utilisation de produits dérivés a explosé depuis le début des années 80 jusqu'à représenter maintenant la majorité des transactions sur les marchés financiers mondiaux. La multiplication de contrats dérivés sur le même produit rend souvent difficile de discerner le risque initial, comme on le constate aujourd'hui avec les crédits hypothécaires à risque américains (les fameux  "subprime").

  • Qu'est ce qu'un plain vanilla ?

Il s'agit d'un produit dérivé simple, par opposition aux exotics beaucoup plus complexes. Le plain vanilla se compose d'une option d'achat ou d'une option de vente qui donnent à l'acheteur le droit, mais non l'obligation, d'acheter ou de vendre ce produit à un prix fixé, jusqu'à une certaine date. L'expression plain vanilla désigne en anglais toute chose simple voire sans intérêt.

  • Le plain vanilla est-il un instrument dangereux ?

Dans le cas de la Société Générale, le problème n'est pas venu de la complexité des dérivés utilisés, mais plutôt du fait que le courtier n'a pas révélé, voire dissimulé, à ses supérieurs l'ampleur de ses positions sur les indices boursiers européens qui servaient de référence à ces produits.  

 

Par Olivier Levard le 24 janvier 2008 à 17:23
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