La Société Générale pourrait devenir une proie © LCILa Société Générale a perdu plus de la moitié de sa valeur. Pas en une journée, certes, après la seule annonce de la fraude record qu'elle reproche à un de ses traders (Voir notre article) mais depuis le "plus haut" de son action atteint en mai dernier. Sur des rumeurs négatives, le titre avait anticipé la catastrophe en perdant plus de 20% la semaine précédent l'annonce choc de ce jeudi.
Pas de quoi paniquer pour la Banque de France. "Aucun client ne perd quoi que ce soit, le contribuable n'est pas appelé en quoi que ce soit, les emprunteurs ne verront aucun changement", a voulu rassurer son gouverneur, ce matin sur RTL. "Les emprunteurs pourront continuer à emprunter" à la Société Générale, a insisté Christian Noyer, qui avait déjà tenté de rassurer le public la veille, sur LCI, après les révélations de la Société Générale (Voir la vidéo).
Un fleuron à prix discount
Les clients de la Société Générale n'auraient donc pas d'inquiétude à avoir mais, pour la banque, cette chute vertigineuse de son action en à peine neuf mois peut changer considérablement la donne. Un des dirigeants de la Société Générale le constate dans les Echos de ce vendredi : "le titre capitalise à peine une fois la valeur comptable" de l'entreprise.
En clair, la Société Générale, fleuron du système bancaire français, réputée dans le monde entier pour son savoir-faire sur les marchés est aujourd'hui à prix discount. Une aubaine... Cet état de proie préviendrait d'ailleurs que le cours de l'action chute davantage au moment où les questions sur les contrôles au sein de l'entreprise taraudent tous les analystes, qui jugent très sévèrement la banque.
Mariage français ou étranger ?
Ceux de la banque américaine Bear Stearns privilégient ainsi l'attrait spéculatif du titre, et évoquent déjà un mariage avec une autre banque française, avec la bénédiction du gouvernement français, un rachat par un concurrent étranger ou encore une bataille boursière comparable à celle qui s'est déroulée autour d'ABN Amro.
Une thèse qui ne convainc pas la maison de Bourse française Global Equities pour des raisons politiques. "Le vendredi est le jour des rumeurs (...) Barclays et Unicredito (NDLR : comme acheteurs potentiels) sont citées par le Daily Telegraph. Mais il faut garder à l'esprit que des élections sont programmées en France en mars", a-t-elle expliqué, pariant sur une opposition du gouvernement au rachat d'une grande banque française par des concurrents étrangers. Dans ce cas, le quotidien anglais cite aussi un intérêt de BNP Paribas pour une partie des activités de la Société Générale.
Economie-fiction
La guerre des deux banques pour le rachat de Paribas avait été un des grands feuilletons bancaires de ces dernières années. Fusionner avec sa soeurs ennemie serait un coup du sort particulièrement cruel pour la banque rouge et noir. Mais c'est encore de l'économie-fiction.
Ce vendredi matin, Nicolas Sarkozy n'a d'ailleurs pas évoqué le sujet préférant rassurer lui aussi. "C'est une fraude interne (...) qui ne touche pas la solidité ni la fiabilité du système financier français" a estimé le président de la République (Voir notre article), . La balle est maintenant dans le camp de la Société Générale. C'est sa capacité à rassurer les marchés et protéger son capital qui scelleront l'avenir de la banque et lui permettront - ou non - de conserver son indépendance.
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