
|
| Voir notre infographie sur les dérapages de courtier |

> Sarkozy : "une fraude interne de grande ampleur"
> Fillon demande un rapport à Christine Lagarde
24 heures après l'annonce d'une fraude colossale de 5 milliards d'euros à la Société Générale, politiques, syndicats et financiers tentent de rassurer l'opinion sur l'état de santé des banques françaises. Pour Nicolas Sarkozy, la fraude n'a "pas touché la solidité ni la fiabilité du système financier français". "C'est une fraude interne", a déclaré le chef de l'Etat, qui est en Inde pour une visite officielle de deux jours.
Du côté de la Banque de France, on tente également d'apaiser les esprits. Le gouverneur de la Banque, Christian Noyer, a réaffirmé vendredi matin que les comptes de la banque française sont "nettoyés" et que "la banque est plus solide aujourd'hui". "Aucun client ne perd quoi que ce soit, le contribuable n'est pas appelé en quoi que ce soit, les emprunteurs ne verront aucun changement", selon lui. "Les emprunteurs pourront continuer à emprunter" à la Société Générale, a insisté Christian Noyer. Sur LCI jeudi soir, il avait précisé que "la Société Générale n'avait rien cherché à déguiser concernant la fraude". (voir la vidéo) La perte de près de 5 milliards attribuée par la banque à une fraude "n'a rien à voir avec la crise des subprimes, avec la difficulté des marchés financiers en général", a-t-il encore estimé.
Un rapport "sous huit jours"
De son côté, le Premier ministre François Fillon a annoncé vendredi avoir demandé à la ministre des Finances Christine Lagarde (voir notre vidéo) de lui donner "sous huit jours" un rapport sur la "fraude" massive constatée à la Société générale. "C'est vrai qu'il est difficile pour chacun d'entre nous de comprendre comment une personne seule peut, dans un délai relativement court, occasionner des pertes aussi considérables dans un établissement bancaire par ailleurs sérieux et solide", a-t-il déclaré. Le conseiller social de l'Elysée, Raymond Soubie, juge également "très étonnant qu'une seule personne" ait pu engager "plus de 50 milliards d'euros" sur les marchés. "Il va falloir s'interroger sur les contrôles internes des systèmes bancaires", a-t-il assuré sur LCI.
Le député UMP Frédéric Lefebvre a pour sa part annoncé qu'il allait demander à ce que le président de la Société Générale, Daniel Bouton, et le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, soient auditionnés par la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Ces auditions permettront d'avoir "des éléments sur ce qui a dysfonctionné sur les systèmes de contrôle (de la Société Générale) et de faire des propositions pour améliorer ces systèmes", a-t-il déclaré. De son côté, le Parti socialiste a réclamé vendredi l'organisation d'un débat à l'Assemblée nationale la semaine prochaine pour comprendre "les causes réelles" des pertes de la Société Générale et "faire le point" sur la situation des banques françaises. "Il est en effet difficile de croire en la responsabilité individuelle d'un seul cadre au moment même où le système bancaire traverse une crise liée aux subprimes", relève dans un communiqué Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande.
Dans les rangs du PCF, on ironise sur la version avancée par la Société Générale. En annonçant une "fraude interne du fait d'un seul employé", la banque "invente le Dreyfus-trader", allusion au capitaine Alfred Dreyfus, accusé d'espionnage puis réhabilité. Mais pour François Chérèque, les crises à répétition et la fraude mis au jour à la Société Générale révélent "un vrai problème de régulation, de contrôle du capitalisme financier". "Il faut absolument qu'on ait plus de transparence sur le système financier au niveau mondial", a jugé le secrétaire général de la CFDT sur Canal Plus. Le député sociéliste Henri Emmanuelli s'est pour sa part dit "étonné" de la "fraude", trouvant cela "curieux".
La Bourse en temps réel sur LCI.fr : cliquez-ici
La version du trader isolé ne convainc pas la presse |
La révélation des pertes colossales dues à une fraude gigantesque à la Société Générale - Le Casse du siècle, selon France Soir - suscite vendredi des doutes chez de nombreux éditorialistes de la presse quotidienne. Dans Le Figaro, Gaëtan de Capèle estime que "ce qui est présenté comme une fraude, met en réalité à nu un système de contrôle des risques dangereusement défaillant". Cette fraude, selon Henri Gibier (Les Echos) estime que "si les nombreuses interrogations qu'elle laisse encore en suspens ne sont pas rapidement levées, (cela) pourrait entamer la crédibilité de l'ensemble du système bancaire". Autre interrogation dans La Tribune où Pascal Aubert se demande "pourquoi a-t-il fallu autant de temps pour découvrir l'étendue des dégâts?" tandis que Fabrice Rousselot, de Libération regrette qu'un "coupable (soit) désigné, mais pas de responsables, surtout pas parmi les cadres dirigeants". |
Retour MYTF1

Chargement en cours...




