Jérôme KervielPas une perquisition, mais plutôt une étape logique de l'enquête. Le parquet de Paris a confirmé samedi que des enquêteurs se sont rendus vendredi au siège de la Société Générale, non pas pour y procéder à une perquisition comme l'avait annoncé plus tôt une porte-parole de la banque, mais pour se faire remettre "volontairement" par la banque des "pièces utiles à l'enquête", notamment du matériel informatique. La justice cherche en effet à déterminer qui est à l'origine de la "fraude" massive de 4,9 milliards d'euros que la Société Générale impute à un seul trader.
Le parquet a également précisé que Jérôme Kerviel, le trader soupçonné, n'était pas "en fuite", mais qu'il serait interrogé "le moment venu, lorsque les policiers auront analysé les documents remis par la Société générale". "Il est tout de même nécessaire que les policiers prennent connaissance des éléments de cette affaire avant de mener un interrogatoire", a-t-on ajouté. Selon une information LCI, le trader pourrait cependant être entendu dès cet après-midi. Un important dispositif de sécurité a d'ailleurs permis l'accès de deux véhicules au siège parisien de la brigade financière samedi . Peu avant 14 heures, une voiture banalisée de la police suivie d'une camionnette Renault Kangoo, sortie une heure auparavant, sont entrées dans le parking souterrain de l'immeuble de la brigade financière, rue du Château-des-Rentiers, dans le XIIIe arrondissement. Aucun occupant des véhicules n'a toutefois pu être identifié comme étant Jérôme Kerviel.
Le domicile du trader perquisitionné
Le parquet a également confirmé qu'une perquisition avait eu lieu vendredi en début de soirée, au domicile du jeune trader à Neuilly. Quatre policiers en sont ressortis quelques minutes plus tard en portant chacun un grand attaché-case. Selon des voisins de M. Kerviel, le trader n'aurait pas mis les pieds à son domicile depuis plusieurs semaines, certains évoquant une sous-location de son appartement à un couple.
L'enquête policière a donc commencé pour élucider le scénario exact de la fraude massive imputée par la Société générale à l'un de ses traders, dont la seule responsabilité est mise en doute par sa famille mais aussi par nombre de professionnels au vu de l'importance de son coût. Le parquet de Paris travaille sur le fondement de deux plaintes : l'une contre "X" déposée par un petit porteur de la banque, défendu par Me Frédérik-Karl Canoy, et l'autre émanant de la direction de la Société générale et visant nommément Jérôme Kerviel. Mais le parquet de Paris a invité dès vendredi à la prudence sur les accusations portées contre Jérôme Kerviel. "Avant même que l'enquête policière ait démarré, le coupable est déjà désigné. Il faut savoir raison garder. Il faudra voir ce qu'il y a dans le dossier de la Société générale", a-t-on déclaré au cabinet du magistrat.
Le Premier ministre, François Fillon, a lui indiqué vendredi que l'affaire n'avait été portée à la connaissance des autorités françaises que mercredi. "C'est quand même une affaire d'une importance telle pour le système financier français que peut-être le gouvernement aurait pu être prévenu plus tôt", a dit François Fillon au cours d'un déplacement au Luxembourg. Le chef du gouvernement a également demandé à la ministre de l'Economie et des Finances, Christine Lagarde, de lui remettre un rapport "sous huit jours".
L'indice-vedette allemand source de 2 milliards de pertes ? |
Jérôme Kerviel aurait acheté 140.000 contrats sur l'indice-vedette DAX en Allemagne, affirme samedi le site internet de l'hebdomadaire Spiegel, Spiegel-Online. Ces contrats ont été négociés selon le Spiegel "il y a quelques semaines" sur le marché dérivé Eurex, qui est une filiale suisse de l'opérateur allemand Deutsche Börse. "Si l'on admet que Kerviel est entré sur le marché quand le DAX était au-dessus de 8.000 points, la bourse devait alors créditer chaque jour 25 euros par contrat sur le compte de la Société Générale pour chaque point gagné. A l'inverse, pour chaque point perdu sous les 8.000, la bourse récupérait 25 euros" de la banque française, écrit le Spiegel. "Or le DAX a perdu 600 points entre le début de l'année et le 18 janvier - et Kerviel probablement autour de 2 milliards d'euros", estiment des experts |
D'après agences
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