Suicides de Guyancourt : l'inspection du travail évoque un "harcèlement moral"

Par D.H. (avec agence), le 23 janvier 2008 à 22h22 , mis à jour le 24 janvier 2008 à 11h11

L'inspection du travail a envoyé un avertissement à Renault et envisage de dresser un PV pour "harcèlement moral" après les trois suicides de salariés.

Technocentre de Renault à GuyancourtTechnocentre de Renault à Guyancourt © Jean Descombels

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Le Technocentre de Guyancourt, dans les Yvelines, c'est là que sont conçus les futurs modèles de la marque. C'est là aussi qu'entre novembre 2006 et février 2007 ont eu lieu deux suicides de salariés. Un autre salarié du Technocentre avait mis fin à ses jours chez lui, expliquant dans un courrier son geste par ses difficultés au travail. Saisie de ces affaires qui avaient fait grand bruit, l'inspection du travail a envoyé début janvier un avertissement au constructeur. Elle lui demande des informations complémentaires et envisage de dresser un procès-verbal pour "harcèlement moral" envers les salariés.
 
L'inspection du travail reproche notamment à Renault de ne pas se donner les moyens de contrôler les horaires de travail de ses cadres et leurs dérives, selon une source proche du dossier. C'est le fonctionnement d'ensemble du site qui est mis en cause, et non une ou plusieurs personnes. Si un PV - simple constatation des faits - était établi, il serait transmis à la justice, le parquet devant alors décider s'il poursuit l'entreprise ou classe le PV.

Bientôt une requête de la veuve du premier salarié
 
Après le troisième suicide, le parquet a ouvert une enquête préliminaire et les auditions de cadres dirigeants devraient se poursuivent encore un à deux mois, selon une source judiciaire. De son côté, la direction de Renault a lancé mi-mars un plan de soutien aux équipes de ses centres d'ingéniérie, assorti fin septembre de "mesures sur la maîtrise du temps de travail". Elle a signé le 19 décembre un accord avec cinq syndicats afin de créer pour ces centres une "commission paritaire sur l'amélioration des conditions de vie et de travail des équipes".

Par ailleurs, concernant les procédures en cours auprès de l'assurance maladie, la veuve du premier salarié qui s'est suicidé s'apprête à déposer une requête en reconnaissance de la "faute inexcusable" de Renault, qui avait l'obligation d'assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de son salarié, a indiqué son avocate. Ce suicide a déjà été reconnu comme un accident du travail par l'assurance maladie.

Il y a deux ans, un autre salarié du Technocentre avait mis fin à ses jours. Et un autre encore à réchappé à une tentative de suicide.

Par D.H. (avec agence) le 23 janvier 2008 à 22:22
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