Le président vénézuelien, Hugo Chavez, le 26 décembre 2007 © TF1/LCIL'émission de radio s'appelle "Allo, président" ("Aló, Presidente") et, comme à son habitude, Hugo Chavez, qui en est l'animateur, s'en est servi pour régler des comptes. Le président du Venezuela a menacé dimanche d'exproprier des usines de produits laitiers des groupes agroalimentaires italien Parmalat et suisse Nestlé, dans un contexte de pénurie alimentaire. Son pays est confronté depuis des mois à un manque d'aliments de base comme le lait, les oeufs, le sucre, la viande de boeuf, le poulet et la farine de blé.
"Cela ne sert à rien de mettre en place des usines (d'Etat) si ensuite il n'y a pas de lait parce que tout va chez Parmalat ou Nestlé. Il faut que ce gouvernement serre les vis", a déclaré Chavez. "S'il est prouvé que Nestlé ou Parmalat, sous différents mécanismes économiques, ou de pression, ou de chantage, ou bien en offrant de l'argent par avance, récupèrent la production et laissent les usines de l'Etat sans le lait nécessaire, cela s'appelle du sabotage. Il faut appliquer la Constitution, intervenir et exproprier les usines", a-t-il ajouté.
"Conspiration économique"
Simple populisme pour détourner les regards de son gouvernement confronté à une pénurie alimentaire ou menaces à prendre au sérieux, le président Vénézuelien n'a en tout cas pas mâché ses mots sur les dirigeants des entreprises visées. "Appelez ces messieurs et mettez-les en garde, faites-les asseoir là, qu'ils sentent qu'il s'agit d'un gouvernement qui s'exprime au nom d'un peuple", a dit Chavez en s'adressant à ses ministres."Nous faisons face à une conspiration économique et nous sommes obligés d'agir pour la sécurité de la nation", a-t-il poursuivi.
Dans la même émission, Chavez a aussi menacé de "ne plus envoyer une goutte de pétrole vers l'empire des Etats-Unis" en raison d'un différend entre la compagnie pétrolière nationale PDVSA et le groupe américain ExxonMobil. Les Etats-Unis ont ironisé lundi sur ces menaces d'interruption des livraisons de pétrole soulignant que le Venezuela dépend des raffineries américaines pour commercialiser son brut
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