© AFPJérôme Kerviel, le trader accusé d'avoir fait perdre près de 5 milliards à la Société Générale, et placé en détention provisoire depuis le 8 février, n'en était pas à son premier coup malheureux. Revenu d'une position négative abyssale à l'été 2007 sur des investissements douteux, il avait ensuite battu tous les records de gain. C'est ainsi qu'il a fait gagner de très importantes sommes à la banque début 2008...
Les derniers développements de l'enquête judiciaire montrent la mécanique de cette descente aux abîmes et de cette remontée. Selon des sources concordantes, l'examen des prises de position du trader sur des contrats à terme portant sur des indices boursiers européens montre qu'il avait d'abord "plongé" avec une position négative de près de 2,2 milliards d'euros en juin 2007. La crise des "subprimes" commençant à faire chuter les marchés financiers européens, les positions de Jérôme Kerviel sont ensuite remontées à un crédit de 500 millions d'euros au 31 août. Au 31 décembre 2007, la position était passée en crédit de 1,4 milliard d'euros, comme l'a déjà indiqué le procureur de Paris lors d'une conférence de presse le 28 janvier.
Des gains réels, mais à l'ampleur camouflée
Elément nouveau apparu dernièrement, ces prises de position ne sont pas restées virtuelles, comme la banque l'avait initialement laissé entendre, mais elles ont rapporté à la banque. Jérôme Kerviel les a effectivement débouclées, tout en camouflant l'ampleur de ses gains par des faux, montrent les investigations dont font état plusieurs sources. Les manoeuvres du trader se sont poursuivies, et la direction de la banque affirme les avoir découvertes le 18 janvier. Liquidées entre le 21 et le 23 janvier, les positions ont produit une perte totale de 6,3 milliards d'euros. C'est après soustraction des gains du trader de 1,4 milliard d'euros qu'est apparu le chiffre d'une perte de 4,9 milliards d'euros, le seul finalement annoncé par la direction de la banque lors de la révélation publique de l'affaire le 24 janvier.
Pour les avocats de la banque, cet historique de "l'affaire Kerviel" ne change rien au fait que la Société Générale peut s'estimer victime d'un individu, puisque tout aurait toujours été dissimulé : Jérôme Kerviel camouflait par des faux le fait qu'il n'avait pas pris de position parallèle pour couvrir le risque et même la réalisation de ses gains. Pour la défense du trader, l'historique vient appuyer ses affirmations à la police et aux juges selon lesquelles sa hiérarchie ne pouvait ignorer ses manoeuvres et fermait les yeux.
D'après agence
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