Traders devant des écrans d'ordinateur © TF1/LCIL'avocat du courtier, témoin assisté dans l'affaire Kerviel, a annoncé avoir déposé plainte contre X vendredi notamment pour "faux et usage de faux", après la révélation dans la presse d'extraits selon lui tronqués de messages instantanés entre son client et Jérôme Kerviel. Ces extraits, tirés de documents versés à la procédure judiciaire par la Société générale, ont été tronqués ou falsifiés, dit l'avocat, qui a également porté plainte pour "violation du secret professionnel", "dénonciation calomnieuse" et "diffamation".
Samedi, alors que son client, salarié de la Fimat, filiale de la Société Générale, était placé sous le statut de témoin assisté par les juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset pour ses liens présumés avec le trader soupçonné de falsifications aux dépens de la Société Générale, le Nouvel Observateur avait publié sur son site des extraits de messages électroniques instantanés que s'échangeaient les deux amis. Ces messages suggèrent que le courtier pourrait avoir eu connaissance des agissements de Jérôme Kerviel.
Des phrases de Kerviel attribuées au courtier ?
Selon l'avocat, ces extraits présentent une "altération frauduleuse de la vérité" pour "laisser accroire qu'on a été dans une logique de complicité". "Je ne sais pas par qui ils ont été truqués, mais la méthode a été utilisée dans le temps de la garde à vue de mon client pour accréditer la thèse d'une complicité avec Jérôme Kerviel, alors que l'inverse a été démontré", a-t-il dit.
Selon lui, des phrases ont été retirées, laissant croire, sur certains passages clés, à l'existence d'un dialogue des deux hommes sur l'affaire litigieuse, alors qu'il n'en était rien : des phrases de Jérôme Kerviel ont été attribuées à son client et des signes informatiques ou groupes de mots indiquant la plaisanterie ont été retirés, affirme l'avocat. Après deux jours de garde à vue, son client a été libéré par les juges d'instruction le 9 février et placé sous le statut de témoin assisté.
"Certain de ne pas avoir tronqué la vérité"
Le journaliste du Nouvel Observateur auteur de l'article, Airy Routier, s'est dit vendredi "certain de ne pas avoir tronqué la vérité". "J'ai recopié les dialogues comme sur les documents que je possédais. J'ai coupé car c'était trop long, j'ai regroupé des phrases avec des points de suspension" entre parenthèses pour indiquer clairement les coupures, a-t-il déclaré. "Je suis certain de ne pas avoir tronqué la vérité", a-t-il ajouté. Pour Airy Routier, "on est dans le délire". Les articles parus sur le site du Nouvel Observateur puis dans la version papier, parue jeudi, "n'accusent pas du tout (le courtier: ndlr) de complicité" avec Jérôme Kerviel, a-t-il estimé.
Pour Michel Labro, co-directeur de la rédaction de l'hebdomadaire, l'utilisation d'une plainte pour faux et usage de faux "est une façon de s'engouffrer dans la plainte précédente, qui ne trompe personne". La semaine dernière, Nicolas Sarkozy a déposé une plainte pour "faux" contre le même site. Dans une brève d'Airy Routier, nouvelobs.com avait fait état d'un SMS d'ordre sentimental du chef de l'Etat à son ex-épouse Cécilia.
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