© AFPLa Société Générale a indiqué mercredi "qu'à ce stade des investigations, aucune preuve de détournement ou de complicité interne ou externe n'a été constaté" dans l'affaire du trader qui lui a coûté près de 5 milliards d'euros, selon une enquête interne. "Les investigations se poursuivent, notamment sur un périmètre plus large que celui des activités de l'auteur de la fraude", ajoute ce rapport, réalisé par le "comité spécial" désigné par la banque pour gérer la crise, et présidé par l'ancien PDG de PSA Peugeot Citroën Jean-Martin Folz, qui reprend les conclusions d'un audit interne effectué par l'Inspection générale.
"L'Inspection générale considère que les contrôles prévus par les fonctions de support et de contrôle ont dans l'ensemble été effectués et menés conformément aux procédures", indique le rapport. Mais le comité souligne "l'absence de certains contrôles qui n'étaient pas prévus et qui auraient été susceptibles d'identifier la fraude" dont est accusé Jérôme Kerviel. Parmi eux, l'inspection mentionne l'absence de contrôles sur les transactions annulées ou modifiées, sur les transactions à départ différé, sur les transactions avec des contreparties techniques ou encore sur les nominaux élevés en position. Elle relève aussi que des "signaux d'alerte extérieurs" n'ont pas permis de révéler la fraude, notamment de la part du marché à terme de produits dérivés Eurex ou de Fimat, une filiale de courtage de la Société Générale.
49 milliards d'euros engagés
Le rapport confirme par ailleurs l'origine de la fraude, à savoir que Jérôme Kerviel, qui était employé sur un desk d'arbitrage, avait accumulé début janvier des positions non autorisées d'achat sur des contrats d'indices boursiers européens pour un montant nominal de 49 milliards d'euros dont le débouclage, entre le 21 et le 23 janvier, s'est traduit par une perte nette de 4,9 milliards d'euros. Il confirme également le recours par le trader à des positions fictives pour masquer l'ampleur de son exposition nette.
Selon l'inspection de la Société Générale, les pratiques non autorisées de Jérôme Kerviel ont commencé en 2005 et ont pris des "proportions massives à partir de mars 2007". A l'époque, il avait pris des positions à la vente sur des contrats sur indices boursiers atteignant 28 milliards d'euros au 30 juin 2007, dont le débouclage a généré en novembre un gain de 1,5 milliard.
(D'après agence)
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