Lettre ouverte aux clients de la Société Générale

le 02 février 2008 à 10h30 , mis à jour le 07 juin 2010 à 18h33

Dossier : Kerviel, le procès

La banque en pleine tourmente fait appel à la confiance de ses clients, alors que se multiplient les rumeurs de rachat par des concurrents.

Société Générale

Le Parisien, Libération, Le Figaro... Sous le titre "Message à nos clients", l'encart s'étale sur une pleine page dans les principaux grands quotidiens nationaux. Une présentation sobre, voire minimaliste, où le logo de la Société Générale constitue la seule marque de couleur, pour un message en forme d'appel à la confiance : "Nous venons d'affronter un accident hors normes et tout à fait regrettable. Au cours des dernières journées, nous avons reçu un nombre incalculable de messages de sympathie et de soutien. Ces témoignages de confiance et la confirmation de votre fidélité ont été notre meilleur réconfort et surtout le stimulant le plus puissant dont nous avions besoin pour sortir encore plus forts de cette épreuve. Nous vous en remercions (...) Nous sommes prêts à relever avec vous les défis à venir."

En pleine tourmente, la banque peine à garder la confiance. Et les premiers jours après l'annonce de ses pertes historiques attribuées à un trader, Jérôme Kerviel, ont plutôt été marqués par de nombreuses démonstration de mécontentement de clients aux guichets. Bien que le président Nicolas Sarkozy ait implicitement appelé à sa démission, Daniel Bouton a sauvé son siège mercredi, soutenu par une partie de la classe politique et par ses salariés, qui le voient comme un gage de stabilité et un rempart contre les tentatives de rachat. Le PDG s'est toutefois vu encadrer par un comité de trois administrateurs de la banque, chargé de tirer les leçons de la crise. Quant à Jérôme Kerviel, mis en examen notamment pour "faux" et "abus de confiance", mais laissé en liberté, il a donné aux policiers sa version des faits pendant sa garde à vue, suggérant que sa hiérarchie connaissait ses agissements. La banque, qui s'est portée partie civile, s'en est vigoureusement défendue.

Les appétits des concurrents

Même si Daniel Bouton a conservé son fauteuil, de nombreuses voix ont évoqué les "responsabilités" de la Générale, épinglée pour n'avoir pas détecté les malversations de son trader. Les contrôles internes "ne semblent pas avoir fonctionné comme ils auraient dû", a estimé le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer au Sénat. Lundi, ce sera au tour de la ministre des Finances, Christine Lagarde, de s'expliquer devant les députés.

Au rang des "défis à venir" que la Société Générale assure vouloir relever, outre le volet judiciaire, elle va devoir batailler ferme face aux appétits de ses concurrents. Parmi eux, notamment : BNP Paribas, qui avait déjà tenté de s'emparer de sa rivale à la fin des années 90. Daniel Bouton a martelé son attachement à l'indépendance de sa banque. Mais selon un administrateur, il s'est dit prêt à étudier une offre de rachat amicale, une version contestée par la Générale. Quoi qu'il en soit, BNP Paribas a admis qu'elle réfléchissait à une offre, à l'instar de "toute l'Europe" bancaire. De son côté, le Crédit Agricole a affirmé vendredi qu'il n'était "en aucun cas prédateur" de la Société Générale, mais qu'il examinait les conséquences qu'aurait un rachat de sa concurrente par une autre banque.

Même si, selon l'Elysée, un rachat de la Générale n'est "pas d'actualité", l'hypothèse d'un rapprochement franco-français a clairement les faveurs du gouvernement. Des propos qui ont déclenché les foudres de la Commission européenne, qui a réclamé une égalité de traitement d'éventuels candidats. Vendredi le Premier ministre François Fillon, sans mettre de veto, a dit vouloir veiller à ce que "les intérêts économiques" du pays et ceux des 130.000 salariés de la banque soient "préservés" en cas de rachat.

D'après agence

le 02 février 2008 à 10:30
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4 Commentaires

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  • GASPARIN, le 02/02/2008 à 11h45

    Deux aspects dans ce dossier ; Le premier Sarkosy et le gouvernement m'ont rien à en dire la Soc Gen est privé! S'ils veulent s'impliquer dans des affaires économiques qu'ils le fassent pour Arcelor et les autres qui vont licencier des salariés là d'accord mais dans l'affaire de la Soc Gen ça ne les regarde pas, que Sarkosy s'applique à lui même les règle déontoliques qu'il donnait à Bouton§ Question rémunération et résultat ila de quoi faire!Secundo cette affaire montre bien les limites du capitalismeet il serait plus utile de réfléchir sur les raisons de ces mouvements spéculatifs qui ne correspondent pas à une réalité économique et font courrir des risques disproportionnés aux entreprises et par conséquent aux salariés premiers touchés par ce genre de krach parceque les chefs d'entreprise eux ils sont à l'abri avec des délits d'initiés des indemnités de licenciement faramineuses et bien sur leurs stock options!

  • MANCRET, le 02/02/2008 à 11h41

    Vous présentez cette affaire comme un accident regrettable. Soit. Mais ce qui m'inquiète c'est la fiabilité du système bancaire à l'avenir. Je pensais qu'il existait des systèmes de contrôle efficaces. Ma confiance est ébranlée car tout ceci peut se reproduire. Finalement on fait trop confiance à l'informatique. L'intelligence artificielle sera toujours inférieure à la connerie naturelle. Un client fidèle de la Banque Rhône Alpes qui désormais sera méfiant.

  • Daniel, le 02/02/2008 à 11h32

    Les plus values grandioses de M Bouton, son salaire démesuré, le comportement des membres de son conseil d'administration, le doute sur le délit d'initiés, l'absence de contrôles pertinents, les pertes abyssales annonçées ne peuvent que m'inciter à quitter vite fait la SG.

  • Yves, le 02/02/2008 à 11h13

    Je souhaiterais que la Société Générale soit rachetée par une banque étrangère non présente en France. Il y aurait une vraie synergie car toutes ses succursales devraient rester et de plus ce serait une nouvelle offre pour les clients Français entre autres en libaralisant un peu la rigidité des institutions bancaires franco-françaises.

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