
Le Parisien, Libération, Le Figaro... Sous le titre "Message à nos clients", l'encart s'étale sur une pleine page dans les principaux grands quotidiens nationaux. Une présentation sobre, voire minimaliste, où le logo de la Société Générale constitue la seule marque de couleur, pour un message en forme d'appel à la confiance : "Nous venons d'affronter un accident hors normes et tout à fait regrettable. Au cours des dernières journées, nous avons reçu un nombre incalculable de messages de sympathie et de soutien. Ces témoignages de confiance et la confirmation de votre fidélité ont été notre meilleur réconfort et surtout le stimulant le plus puissant dont nous avions besoin pour sortir encore plus forts de cette épreuve. Nous vous en remercions (...) Nous sommes prêts à relever avec vous les défis à venir."
En pleine tourmente, la banque peine à garder la confiance. Et les premiers jours après l'annonce de ses pertes historiques attribuées à un trader, Jérôme Kerviel, ont plutôt été marqués par de nombreuses démonstration de mécontentement de clients aux guichets. Bien que le président Nicolas Sarkozy ait implicitement appelé à sa démission, Daniel Bouton a sauvé son siège mercredi, soutenu par une partie de la classe politique et par ses salariés, qui le voient comme un gage de stabilité et un rempart contre les tentatives de rachat. Le PDG s'est toutefois vu encadrer par un comité de trois administrateurs de la banque, chargé de tirer les leçons de la crise. Quant à Jérôme Kerviel, mis en examen notamment pour "faux" et "abus de confiance", mais laissé en liberté, il a donné aux policiers sa version des faits pendant sa garde à vue, suggérant que sa hiérarchie connaissait ses agissements. La banque, qui s'est portée partie civile, s'en est vigoureusement défendue.
Les appétits des concurrents
Même si Daniel Bouton a conservé son fauteuil, de nombreuses voix ont évoqué les "responsabilités" de la Générale, épinglée pour n'avoir pas détecté les malversations de son trader. Les contrôles internes "ne semblent pas avoir fonctionné comme ils auraient dû", a estimé le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer au Sénat. Lundi, ce sera au tour de la ministre des Finances, Christine Lagarde, de s'expliquer devant les députés.
Au rang des "défis à venir" que la Société Générale assure vouloir relever, outre le volet judiciaire, elle va devoir batailler ferme face aux appétits de ses concurrents. Parmi eux, notamment : BNP Paribas, qui avait déjà tenté de s'emparer de sa rivale à la fin des années 90. Daniel Bouton a martelé son attachement à l'indépendance de sa banque. Mais selon un administrateur, il s'est dit prêt à étudier une offre de rachat amicale, une version contestée par la Générale. Quoi qu'il en soit, BNP Paribas a admis qu'elle réfléchissait à une offre, à l'instar de "toute l'Europe" bancaire. De son côté, le Crédit Agricole a affirmé vendredi qu'il n'était "en aucun cas prédateur" de la Société Générale, mais qu'il examinait les conséquences qu'aurait un rachat de sa concurrente par une autre banque.
Même si, selon l'Elysée, un rachat de la Générale n'est "pas d'actualité", l'hypothèse d'un rapprochement franco-français a clairement les faveurs du gouvernement. Des propos qui ont déclenché les foudres de la Commission européenne, qui a réclamé une égalité de traitement d'éventuels candidats. Vendredi le Premier ministre François Fillon, sans mettre de veto, a dit vouloir veiller à ce que "les intérêts économiques" du pays et ceux des 130.000 salariés de la banque soient "préservés" en cas de rachat.
D'après agence
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