Manifestation de salariés de Smoby © DRLe groupe de jouets américain MGA Entertainement, repreneur du français Smoby-Majorette, n'est pas en mesure de présenter un plan de continuation pour la société, en redressement judiciaire, a-t-il annoncé vendredi, ce qui laisse la voie libre à un "démembrement du groupe". Smoby-Majorette, numéro un français du jouet, emploie 2.750 salariés dans le monde, dont 1.300 en France.
La mise en place d'un plan de continuation, "portant sur l'ensemble" de ce groupe, qui est aussi n°2 européen du jouet, nécessitait "un accord avec les banques créancières de Smoby afin d'apurer sa dette", a rappelé MGA Entertainment. Le groupe américain affirme être parvenu à "trouver un accord avec trois banques et neuf établissements financiers représentant plus de 50% des créances bancaires sur Smoby", mais "quelques banques françaises -dont la Société Générale qui détient environ 35% de la dette, la BNP ou Natixis- n'ont pas souhaité participer aux efforts nécessaires à la préservation du groupe Smoby", a-t-il déploré. D'où l'"impossibilité pour MGA".
La justice doit examiner lundi les offres
Asphyxié par une dette de 277 millions d'euros, Smoby-Majorette avait été repris par MGA Entertainment au printemps 2007. Mais le tribunal de commerce de Lons-Le-Saunier (Jura), estimant que l'américain n'avait pas tenu ses engagements, avait placé la société en redressement judiciaire le 9 octobre, décision confirmée en appel le 28 décembre. Pour sortir de cette procédure, deux solutions étaient possibles : la présentation par MGA et d'éventuels nouveaux actionnaires d'un "plan de continuation", ou la mise en place d'un "plan de cession" des actifs du groupe, donc un démantèlement.
Les trois principaux repreneurs seraient le groupe de jouet allemand Simba, le fonds MIE, et le holding français Abcia, associé à Caravelle, société spécialisée dans la reprise de sociétés en difficultés, selon des sources concordantes. Le tribunal de commerce de Lons-le-Saunier doit les examiner ce lundi, et pourrait fixer la date de l'audience suivante qui déciderait du nom du repreneur, selon une source syndicale. Les salariés prévoient de manifester devant le tribunal lundi après-midi au moment de l'audience.
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