Le parachute doré de Gautier-Sauvagnac

le 29 février 2008 à 07h33 , mis à jour le 29 février 2008 à 18h27

Selon Marianne, l'ex patron de l'UIMM a notamment obtenu une indemnité de 1,5 million d'euros. Denis Gautier-Sauvagnac est mis en examen dans l'affaire des retraits suspects en liquide des caisses de l'organisation patronale.

Denis Gautier Sauvagnac Medef UIMM ParisotL'ancien patron de l'UIMM Denis Gautier-Sauvagnac a toujours refusé de révéler les bénéficiaires de la "caisse noire" de l'organisation © LCI

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Ce qu'il s'est passé
 

C'est une nouvelle affaire dans l'affaire. L'ancien président de l'UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac, a négocié une indemnité de départ d'un 1,5 million d'euros et la prise en charge financière par l'organisation patronale des conséquences de l'affaire des retraits suspects des caisses du patronat de la métallurgie. " Je crois que ce qui est important dans ce domaine, c'est que la justice fasse son travail, c'est à dire qu'on sache s'il y a eu des erreurs, des fautes commises à l'UIMM et qu'ensuite les sanctions soient prises", a réagi le Premier ministre François Fillon vendredi. Et de conclure : "Naturellement, s'il doit y avoir des sanctions, j'imagine que ces questions d'indemnités de départ seront revues".
 
Révélés par l'hebdomadaire Marianne à paraître samedi, ces deux accords conclus entre DGS et l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) ont été négociés respectivement début novembre et fin décembre, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier. L'UIMM a confirmé jeudi soir qu'"une transaction a été signée début décembre 2007 pour mettre fin à des différents existant entre les parties. Dans le cadre de cette transaction, un montant de 1,5 million d'euros bruts, soumis à cotisations sociales et à impôts, a été versé à Denis Gautier-Sauvagnac".
 
S'assurer de son silence ?
 
Selon Marianne un second accord "garantit à M. Gautier-Sauvagnac que toutes les condamnations éventuelles liées à la procédure judiciaire en cours seront financièrement prises en charge par l'UIMM". Le contenu de ce second accord aurait été, selon l'hebdomadaire, "partiellement dissimulé à certains membres du bureau" de l'UIMM qui réunit des dirigeants de grands groupes industriels français. L'UIMM affirme de son côté avoir, après une décision du bureau "à l'unanimité", signé un accord avec DSGS "au terme duquel l'UIMM assumerait les seules éventuelles conséquences fiscales" pour M. Gautier-Sauvagnac de l'affaire des retraits suspects.
 
Ce dernier pourrait en effet faire l'objet d'un redressement fiscal pour avoir perçu des primes non-déclarées sur les fonds prélevés en espèces des caisses de l'organisation patronale. Selon une source proche du dossier, ces accords, négociés avec Michel de Virville, mandaté par le bureau de l'union patronale, auraient pour objectif de s'assurer du silence de M. Gautier-Sauvagnac dans le dossier, pour lequel il a été mis en examen le 15 janvier, notamment pour "abus de confiance".
 
19 millions d'euros retirés
 
Quelque 19 millions d'euros ont au total été retirés entre 2000 et 2007 sous son autorité. Les enquêteurs soupçonnent que la majeure partie de ces sommes a pu servir au financement occulte de syndicats. Denis Gautier-Sauvagnac n'en dit rien et se contente d'affirmer qu'il avait procédé, comme ses prédécesseurs, "à des remises de fonds aux représentants des organismes participant à la vie sociale du pays" "Je n'ai sur ce sujet aucun commentaire à faire", a déclaré à l'AFP Me Jean-Yves Le Borgne, avocat de DGS.
 
Denis Gautier-Sauvagnac a été mis en examen le 15 janvier pour "abus de confiance", "recel d'abus de confiance" et "travail dissimulé" dans l'affaire des retraits suspects des caisses de l'organisation patronale. Quelque 19 millions d'euros en liquide ont été retirés sous son autorité entre 2000 et 2007. Les enquêteurs soupçonnent que la majeure partie de ces sommes ait pu servir au financement occulte de syndicats. DGS a quitté la présidence de l'Union des industries et métiers de la métallurgie le 15 novembre, il en reste le délégué général.

Indignation dans l'opposition

- Le PS a demandé vendredi l'"annulation" de l'accord entre l'UIMM et Gautier-Sauvagnac. "Tout semble indiquer que Denis Gautier-Sauvagnac a négocié avec l'UIMM une prime avantageuse comme contrepartie à son silence dans l'affaire du financement occulte de l'UIMM, dont il a été président pendant de nombreuses années", a dit Stéphane Le Foll, directeur de cabinet du Premier secrétaire.
- Marielle de Sarnez, vice-présidente du Mouvement démocrate (MoDem), a vu dans cette indemnité de départ l'illustration d'un "monde à deux vitesses", souhaitant que le Medef "auto-régule tout ça".
- Les Verts ont estimé que Denis Gautier-Sauvagnac "devait rendre l'argent de ses indemnités de départ", dont la somme équivaut "à plus d'un siècle de SMIC".
- Le Parti communiste français a estimé qu'"il y a décidément quelque chose de pourri dans le royaume du Medef", suite à cet accord.
- La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) a ironisé sur "le jackpot" dont a bénéficié l'ancien président de l'UIMM, jugeant "impératif" que les richesses "soient redistribuées au profit des salariés".
- Marine Le Pen, vice-présidente du FN, a dénoncé "le grand copinage entre patronat et syndicats".
- Le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, a demandé que Denis Gautier-Sauvagnac "rende l'argent".

(D'après agence)

le 29 février 2008 à 07:33
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21 Commentaires

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  • Tony l'anar, le 29/02/2008 à 10h06

    Petits arrangements entre amis au vu et au su du monde entier :"Tiens voilà 1.500.000 euros mais motus et bouche cousue sur les 19 millions d'euros en espèces sur lesquels tu n'as conservé même pas un centime ?!!!!!!!"

  • Martin, le 29/02/2008 à 10h00

    Si les révélations sont exactes, tout ce bazar décrédibilise complètement le MEDEF. Madame Parisot serait bien inspirée de nettoyer ses écuries car toutes les grandes entreprises vont patir de ces affaires à répétition au plus haut niveau de leur syndicat.

  • Danie, le 29/02/2008 à 09h51

    SCANDALEUX !Et ça veut nous donner des leçons de respect ,de civilité ,de morale !Quel exemple pour la banlieue et ses activités souterraines .Ce voyou en col blanc démontre que l'on peut faire des "braquages " en plein jour !Et quel braquage 19 millions sans comptablité ; j'espère qu'on va le retrouver sur la liste des 190 milliardaires qui ont leur pognon au liechtenstein et qui ,eux ,aussi ,n'ont rien à craindre du gourvernant de ce jour .Elizabeth Guigou l'a dit sur un média hier:" cette liste existe depuis 2000 et personne ne bouge j'espère que cette fois ça va bouger a-t-elle affirmé...." c'était pas jospin 1 er Ministre et elle a la justice ?Non pardon en oct2000 elle quitte la justice pour l'emploi .....La liste est sans doute arrivée sur le bureau de jospin en NOV 2000 !

  • Candide, le 29/02/2008 à 09h38

    Les jeunes des cités pour autant qu'ils lisent ou s'informent de l'actualité économique doit être pliés en 4 !Honteux ,honteux pour ceux qui vivent dans la misère , honteux pour ceux qui n'ont pas de travail ,honteux pour la morale ,pour l'exemple qu'on doit donner ,honte à vous tous qui nous dirigez et tentez de nous donner des leçons de civilité !Ce gars sort 20 millions d'espèces ,ne tient aucune compta ,a fait dans le "génie" c'est à dire tout dans la tête ...quelle mémoire !Honte à vous aussi gouvernants et moralisateurs .Quelle honte ,quelle honte !En plus LCI va peut-être avoir peur de se faire l'écho de ses lecteurs assidus puisqu'il cite déjà Marianne donc les commentaires ......Sans doute que ce voleur est actionnaire d'un grand média donc chut .... ,passez y'a rien à voir !

  • Duthilleul, le 29/02/2008 à 09h38

    Il y a bien quelque chose de " pourri " dans notre France..et dire que tout celà est légalisé par notre système de justice. Profondément ecoeuré.

  • Dequaye, le 29/02/2008 à 09h37

    Cela continue et pourquoi ces pratiques s'arrêteraient-elles puisqu'il n'y a pas de condamnation dissuasives !

  • PATIN Didier, le 29/02/2008 à 09h36

    Les patrons truands n'iront jamais en prison, par contre le courtier de la Société Générale y est allé vite. De toute façon si la France possédait une Justice il n'y aurait pas beaucoup de patrons en liberté comme les Politiques.

  • Alain, le 29/02/2008 à 09h33

    On ne dira jamais assez la cruauté de ces licenciements sauvages. Mais entre gens du monde, on peut toujours s'arranger pour adoucir la peine d'un payuvre homme devenu chomeur ! (y doit compter dans l'augmentation des statistiques)

  • Tictac, le 29/02/2008 à 09h28

    Aah! la droite décomplexée, le patronat décomplexé, les milliardaires décomplexés.. ... et nous, on sue sang et eau pour bouffer !

  • Albiero, le 29/02/2008 à 09h23

    Je trouve ce genre d'information écoeurante vis a vis des gens qui travaillent honnétement.Cela ressemble à de la provocation qui peut avoir de graves conséquences.Qu'allez vous répondre à notre jeunesse sur votre atitude méprisante des autres.Voulez vous faire exploser un systéme, ou pensez que nous sommes trops laches pour réagir?

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