Les banques françaises BNP et Société Générale ont limité la casse en 2008 © LCI / DRIl ne lui a fallu que quelques mois pour les perdre. La Société Générale se donne maintenant neuf jours pour renflouer ses caisses de 5,5 milliards d'euros. Pour faire face aux pertes liées à l'affaire Kerviel et à la crise des "subprime", la banque lance une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros.
La souscription sera ouverte du 21 au 29 février, au prix de 47,50 euros par action, soit près de 40% en deçà de son cours de Bourse actuel, l'action Société Générale ayant clôturé à 77,72 euros vendredi soir à la Bourse de Paris. Les actionnaires disposeront d'un droit préférentiel leur permettant de souscrire une nouvelle action pour quatre détenues à la date du 20 février.
Avant 11 heures, l'action Société Générale perdait plus de 3% à la Bouse de Paris dans un marché en baisse. "A présent, toutes les données sont connues des potentiels prédateurs qui, le cas échéant, devront se déclarer rapidement. La décote renchérit la valeur de la banque,qui reste cependant fragilisée pour une période que nous estimons cependant assez courte compte tenu de la solidité et de la diversité de ses positions métier et géographiques", ont jugé les analystes de CM-CIC.
La BNP se méfie des "pilules empoisonnées"
Parmi ces prédateurs, BNP Paribas n'a aucune intension de se lancer dans une bataille boursière avec la Société générale, a précisé lundi de source proche du dossier. Elle ajoute que la banque privilégierait une approche amicale si la direction de la Société générale était ouverte à un rapprochement, ce qui, selon elle, n'est pas le cas actuellement.
"L'idée que BNP Paribas serait prête à fondre sur la Générale pour faire une offre hostile a été lancée avec des visées purement spéculatives", a critiqué la même source dans une allusion à une information de la Lettre de l'Expansion selon laquelle elle serait prête à proposer 93 euros par action Société générale. "C'est totalement farfelu", a-t-elle ajouté, estimant notamment que la Société générale disposait d'un arsenal de "pilules empoisonnées", comme les droits de vote double, pour se défendre.
Prudence dans la branche de Kerviel
La Société générale a de son côté précisé dans un communiqué que ses pertes totales liées aux "subprime" s'élèvent au total à 2,6 milliards d'euros. Son bénéfice net estimé pour 2007 atteindra 947 millions compte tenu de cette perte et de la "fraude" que la banque attribue à Jérôme Kerviel dont l'impact négatif est estimé à 4,9 milliards d'euros.
Concernant la Banque de financement et d'investissement (BFI), la division dans laquelle opérait le trader Jérôme Kerviel, "le premier semestre de l'année 2008 devrait être une période de transition afin de tirer les enseignements des événements récents et renforcer les procédures de contrôle et le dispositif anti-fraude dans un environnement de marché qui restera vraisemblablement difficile", écrit la banque. Les volumes sur les activités d'arbitrage vont être réduits jusqu'au troisième trimestre, précise la banque qui semble désormais marcher sur des oeufs.
| Quand Kerviel était gagnant... |
Jérôme Kerviel, le trader à qui la Société Générale impute une perte de 4,9 milliards d'euros, avait réalisé un gain de 1,4 milliards d'euros à la fin de 2007, a confirmé lundi un responsable de la Société Générale. Le trader, accusé d'avoir spéculé à découvert avec l'argent de la banque, lui a fait gagner 1,4 milliards d'euros à la fin 2007. |
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