Guillaume Pépy, directeur général exécutif de la SNCF (23 octobre 2007) © TF1/LCILe futur patron de la SNCF, ce devrait être lui : Guillaume Pepy, actuel numéro deux de la firme publique. François Fillon a annoncé mercredi soir par communiqué sa nomination au conseil d'administration de la SNCF, ce qui ouvre la voie à sa désignation comme président de la compagnie ferroviaire en remplacement d'Anne-Marie Idrac. Guillaume Pepy est nommé en tant que représentant de l'Etat. Quant à Anne-Marie Idrac, qui avait été nommée présidente en juillet 2006, en remplacement de Louis Gallois, elle ne figure pas dans cette liste des administrateurs.
"L'Etat a estimé que compte tenu des enjeux qui attendent la SNCF ces prochaines années, comme le fret ou l'ouverture à la concurrence (...) [Guillaume Pepy] était le plus à même de diriger l'entreprise", a commenté l'entourage du Premier ministre, qui ajoute que l'actuel numéro 2 de la SNCF jouit d'une "grande crédibilité" en interne comme en externe. Selon une autre source proche, Guillaume Pepy a bénéficié du soutien de Xavier Bertrand, ministre du Travail, qui l'a côtoyé étroitement lors des dernières négociations sociales. Celui-ci aurait apprécié ses talents de négociateur, qui ont largement contribué à faire passer deux "bombes" sociales : la réforme du régime spécial de retraite des cheminots et le service minimum.
Elle "fera ce que son actionnaire lui dira de faire"
Pour Anne-Marie Idrac, ancienne secrétaire d'Etat aux Transports, ce remplacement sonne comme un camouflet, d'autant que les dernières rumeurs la donnaient gagnante, elle, la première femme à diriger la SNCF et l'une des seules à la tête d'une entreprise publique. Elle paye sans doute en partie une vive passe d'armes en 2007 avec Nicolas Sarkozy, alors en campagne présidentielle. Evoquant le dossier du service minimum, elle avait alors dit préférer "la prévention, le dialogue dans la gestion des affaires" plutôt que la loi. Réponse cinglante de Nicolas Sarkozy : "la présidente de la SNCF fera ce que son actionnaire lui dira de faire. Si elle n'est pas d'accord, elle en tirera certainement toutes les conséquences". Depuis cet épisode, des rumeurs la donnaient régulièrement partante.
Plus tôt dans l'après-midi mercredi, la radio Europe 1, qui avait annoncé sur son site internet, ce possible changement à la tête du groupe ferroviaire, ajoutait qu'Anne-Marie Idrac pourrait se voir confier une mission sur le Grand Paris. Le conseil d'administration de la SNCF se réunira lundi pour choisir son président, qui sera ensuite nommé par décret en Conseil des ministres mercredi 27, annonce Matignon dans un communiqué.
Interrogé sur le profil du futur dirigeant de la SNCF, mercredi à la mi-journée, en marge du compte-rendu du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez avait simplement estimé que "la couleur politique à un poste comme celui-là n'est pas forcément le critère déterminant de choix". Une allusion visant Guillaume Pépy, qui fut directeur de cabinet de l'ex-ministre socialiste du Travail Martine Aubry.
D'après agence
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