Frédéric Saint-Geours © TF1-LCI< Parisot appelle l'UIMM à se "ressaisir"
Après les critiques venant du milieu politique ou syndical, l'affaire du parachute doré de l'ex-patron de l'Union des industries et métiers de la métallurgie, Denis Gautier-Sauvagnac, ébranle en interne. Au lendemain des propos très fermes de Laurence Parisot, l'actuel président de l'UIMM, Frédéric Saint-Geours, a convoqué lundi "une réunion exceptionnelle du bureau pour prendre les décisions qui s'imposent", au "vu de la campagne violente à l'encontre" de cette fédération patronale. Comprenez, les propos de Laurence Parisot samedi soir.
S'exprimant pour la première fois depuis la révélation d'une indemnité de départ de 1,5 million d'euros obtenue par Denis Gautier-Sauvagnac, la présidente du Medef a dénoncé samedi soir sur France 2 un comportement "méprisant et méprisable". "Trop, c'est trop. Je ne décolère pas", a-t-elle lancé, ajoutant que cela "abîme l'image des entreprises, du Medef, mon image".
Lagarde demande la "transparence"
Dans un entretien au JDD, Laurence Parisot, élue en 2005 sans le soutien de l'UIMM, la plus riche et la plus puissante fédération du Medef, affirme avoir demandé "solennellement à tous les membres de l'UIMM qui exercent des mandats nationaux dans des institutions au nom du Medef de remettre immédiatement leur mandat à la disposition du Medef" (lire notre article). Le président de l'Unedic, Michel de Virville, qui a négocié l'indeminité de départ de Denis Gautier-Sauvagnac, a déjà démissionné.
La ministre de l'Economie et de l'Emploi, Christine Lagarde, a pour sa part plaidé pour de la "transparence" et souhaité une nomination "rapide" à la tête de l'Unedic pour remplacer Michel de Virville. Même message de "transparence" de la part de François Hollande qui a parlé d'"un pacte d'omerta", dimanche soir au Grand Rendez-vous d'Europe 1, qui a salué la "colère" de Laurence Parisot et sa demande de démission. Mais, a-t-il dit, le gouvernement doit intervenir dans cette affaire pour exiger la vérité.
Gautier-Sauvagnac demande à Parisot de "garder son sang-froid"
Interrogé pour savoir si Frédéric Saint-Geours allait rencontrer lundi Laurence Parisot, comme cette dernière l'avait annoncé samedi, le porte-parole de l'UIMM a répondu : "M. Saint-Geours a informé Mme Parisot que par conséquent, il ne la rencontrera pas avant la tenue de ce bureau". Il n'a pas précisé si cette rencontre aurait en conséquence bien lieu lundi. Laurence Parisot avait indiqué qu'elle rencontrerait le patron de l'UIMM pour lui demander "des éclaircissements", ajoutant que l'accord entre l'UIMM et son délégué général, Denis Gautier-Sauvagnac, lui semblait "très discutable sur le plan juridique".
Denis Gautier-Sauvagnac a de son côté appelé dimanche la présidente du Medef, par la voix de son avocat, à "garder son sang-froid" et s'est étonné de sa "véhémence" sur l'affaire de ses indemnités de départ. L'avocat de Denis Gautier-Sauvagnac s'est même interrogé "sur la motivation profonde" de Laurence Parisot, parlant même, à propos de l'appel de la présidente du Medef aux adhérents de l'UIMM, d'"OPA". De leur côté, les organisations patronales Croissance Plus et Ethic ont fait part dimanche de leur soutien "à 100%" à Laurence Parisot.
"Les turpitudes du patronat, il y en a marre"
"La violence des mots de Laurence Parisot est proportionnelle au désarroi dont nous font part, en région, nos PME et TPE", a pour sa part affirmé Stéphane Brousse, président du Medef des Bouches-du-Rhône. "Les Medef territoriaux n'en peuvent plus de cette soi-disant puissance de la métallurgie, de cet amalgame qui est fait entre le Medef et l'UIMM", a-t-il ajouté. Laurence Parisot a eu beau samedi prendre de nouveau ses distances avec l'UIMM, "adhérent mais pas filiale" du Medef, Stéphane Brousse redoute "la perte de tous les adhérents".
Plus qu'agacés, les syndicats regrettaient dimanche cette "crise à l'intérieur du patronat", selon le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, qui déplore "une déstabilisation" dans les organismes paritaires et les négociations. "Les turpitudes du patronat, il y en a marre, et je suis heureux de constater que Mme Parisot sait faire le ménage chez elle", a déclaré Bernard Van Craeynest, président du syndicat CFE-CGC. Jean-François Roubaud, président de la CGPME, rival patronal du mouvement de Laurence Parisot, a dénoncé un "vrai problème" au Medef, ajoutant qu'à la CGPME "tout est transparent". Côté politique, le socialiste Laurent Fabius a suggéré le vote d'une loi pour "annuler" l'indemnité de Denis Gautier-Sauvagnac.
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