La Société Générale pourrait devenir une proie © LCILe cabinet américain s'appelle Cohen, Milstein, Hausfeld & Toll. C'est un grand nom, une référence des plaintes en nom collectif aux Etats-Unis, les fameuses "class actions". Et pour le malheur de la Société Générale, la banque française est la nouvelle cible de ce prestigieux groupe d'avocats.
Selon Les Echos, le cabinet représente un actionnaire américain qui a laissé des plumes, 3100 dollars (environ 2000 euros), dans la chute du titre Société Générale au cours de l'affaire Kerviel, le trader que la banque accuse de lui avoir fait perdre 5 milliards d'euros. Cet actionnaire reproche à la Société Générale des mensonges et une négligence caractérisée.
Citée par Les Echos, la plainte affirme que "la SocGen a laissé fleurir une culture du risque qui s'est révélée contraire aux intérêts des actionnaires", une situation aggravée par des "déclarations fausses et trompeuses" de la banque qui pomettait qu'elle ne serait que peu impactée par la crise financière héritée des subprimes.
"Tableau de chasse impressionnant"
Pour la Société Générale, l'affaire va se corser si le cabinet est reconnu comme chef de file des actionnaires américains lésés : d'autres pourraient alors venir se solidariser à la plainte. Cohen, Milstein, Hausfeld & Toll précise dans un communiqué que l'action en justice compte également se pencher sur le délit d'initié supposé de Robert Day, l'un des administrateurs de la Société Générale (Voir notre article)
"La class action (NDLR :procédure en nom collectif,), c'est assez nouveau pour une société française. Les Américains sont habitués à y faire face, ce sera intéressant de regarder comment la banque réagit. Mais forcément ce matin ça met de la pression sur le titre", explique un vendeur d'actions parisien. Selon lui, un tel procès "peut coûter très cher" au groupe bancaire, "d'autant plus que le cabinet d'avocats en question a apparemment un tableau de chasse impressionnant".
En écho à cette inquiétude, le titre Société Générale baissait fortement jeudi matin, interrompant son récent rebond. Il avait repris près de 11% en deux jours grâce à la réussite de son augmentation de capital et à l'intervention concertée des banques centrales.
Carlyle en banqueroute
Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, la SocGen souffrait par ailleurs des difficultés de Carlyle, comme les autres valeurs bancaires. Le grand fonds américain a annoncé jeudi être dans l'incapacité de trouver un accord avec ses créanciers, qui vont par conséquent prendre possession de tous ses actifs restants après un défaut sur près de 17 milliards de dollars de dette.
Cette nouvelle vient rappeler la grande fragilité actuelle de plusieurs types d'acteurs financiers, des rehausseurs de crédit aux banques en passant par les fonds d'investissement, qui ont de plus en plus de mal à fournir les liquidités exigées en proportion de leurs engagements. Le club des victimes de la crise des subprimes ne cesse de s'agrandir.
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