© TF1Des avions cloués au sol faute de pilote, voilà le risque qui guette Air France selon le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL) de la compagnie aérienne. Son président Eric Derivry révèle qu'Air France est menacée par une pénurie de pilotes ces prochaines années. "Nous sommes dans une situation à flux tendus", explique-t-il, "d'ici un an, on se pose de vraies questions sur notre capacité à réaliser le programme tel qu'il est prévu. Va-t-on être obligé de laisser des avions au sol ?". "Il est sûr que nous aurons des difficultés l'été prochain", confirme Jean-Pierre Loisel, responsable du SNPNAC, un autre syndicat de pilotes, cité par le Parisien de mardi.
Deux raisons expliquant cette pénurie sont invoquées par Eric Derivry : les départs à la retraite et la croissance des offres proposées par la compagnie. Entre 2009 à 2011, 130 pilotes par an partiront à la retraite, prévient le syndicat. Entre 2002 et 2004, ils n'étaient que 50 par an. En outre, stimulée par la croissance économique mondiale qui engendre un besoin de voyages des hommes d'affaires notamment, l'offre d'Air France croît actuellement de 5% par an. Cette dernière, qui se traduit soit par la mise en place d'avions plus gros ou par l'augmentation de fréquences de ligne, génère un besoin plus grand de pilotes.
Près de 1000 recrutements en 3 ans ?
Pour y faire face, le SNPL estime qu'il faudrait recruter 300 pilotes par an ces trois prochaines années, Air France compte actuellement 4000 pilotes. Au problème de recrutement, vient se greffer celui de qualification. Un copilote doit en effet suivre une formation pour devenir pilote, tout comme un pilote de moyen-courrier pour piloter un long-courrier. Ces dernières durent environ six mois.
Eric Derivry chiffre à un quart de l'effectif le personnel immobilisé pour faire ses classes. Selon lui, la direction de la compagnie française n'a pas suffisamment anticipé les besoins. "La croissance était prévue, comme les départs à la retraite. L'entreprise pour des raisons de coûts n'a pas anticipé cette croissance", estime-t-il. D'après lui, la compagnie hollandaise KLM avec qui Air France a fusionné en 2004, mais aussi ses rivales, l'allemande Lufthansa et la britannique British Airways, ont su mieux anticiper, car, affirme-t-il, elles n'ont pas le même problème.
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