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Par O. L. avec agence, le 13 mars 2008 à 16h12, mis à jour le 13 mars 2008 à 17:49
En cinq ans, le groupe Casino compte passer de 500 à 1000 ses magasins qui cassent les prix. A condition que la loi le permette...
Le groupe Casino affiche de grosses ambitions pour sa marque Leader price © DR / LCI / R. B.Cent ouvertures par an pendant cinq ans. C'est le rythme effréné que devra suivre le groupe Casino s'il veut tenir l'objectif de développement pour sa marque de supermarchés à bas prix Leader Price, en pleine polémique sur la flambée des étiquettes dans les grandes surfaces. "Notre objectif est de passer de 500 Leader Price à 1000 en cinq ans. Le rythme sera plus rapide en cas d'assouplissement", a annoncé Jean-Charles Naouri, patron du distributeur Casino.
L'assouplissement en question est celui de la loi Raffarin sur l'implantation commerciale, qui lui donnerait une plus grande marge de manoeuvre pour doubler le nombre de Leader Price. Cela serait "une chose positive, puisque nous sommes expansionnistes en enseignes discount et en galeries marchandes", a encore déclaré le PDG du cinquième distributeur français alors que le développement des magasins hard discount, "maxidiscompte" en français, est parfois présenté comme un eldorado pour faire baisser les prix.
Haro sur Raffarin
Casino envisage aussi de faire passer à 1000 le nombre de ses magasins Franprix, contre 652 fin 2007, espérant les multiplier en province, alors qu'ils sont actuellement concentrés en région parisienne. La chaîne Franprix vend aussi les produits à prix cassés de la gamme Leader Price. S'agissant des supermarchés traditionnels, le distributeur stéphanois est également propriétaire de l'enseigne Vival, Spar, Géant, du site de produits non-alimentaires Cdiscount et détient Monoprix à parité avec le groupe Galeries Lafayette.
José Luis Duran, le président du directoire de Carrefour qui possède aussi, avec Ed, une chaîne de hard discount, s'est également prononcé la semaine dernière en faveur d'une réforme de la loi Raffarin sur l'implantation commerciale, estimant qu'elle n'a pas protégé le petit commerce.
Juge et partie
Cette loi de 1996 oblige à demander une autorisation pour tout commerce de plus de 300 m2 à des commissions départementales d'équipement commercial (CDEC), dont les membres sont souvent juge et partie (représentants des chambres de commerce). Elle a profondément pénalisé les magasins à bas prix ces dernières années et donc la concurrence dans la grande distribution française, ce qui se répercute sur les étiquettes des produits en magasin.
Une réforme de la loi, prévue par le gouvernement au printemps, est inéluctable, la Commission européenne remettant en question le principe de l'exigence d'une autorisation avant l'implantation de magasins de certaines tailles. Pour en limiter l'ampleur, les patrons de la grande distribution jouent déjà la carte de l'impact sur l'emploi (Voir notre article) alors que les hard discounter étranger, notamment allemands, jettent un regard gourmand sur le marché français et ses marges confortables.
| Boeuf, lait , pâtes : notre infographie interactive sur la hausse des prix |
La carte vérité sur la concurrence des supermarchés en France |
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