© TF1-LCIPour le Congrès américain, le contrat des avions ravitailleurs de l'armée de l'Air remporté par l'européen EADS, maison mère d'Airbus, allié à l'américain Northrop Grumman soulève "des questions graves" pour la sécurité nationale. "Quelles sont les implications liées à l'utilisation d'un avion fourni par une société étrangère pour cette mission essentielle?" s'est demandée lundi la présidente démocrate de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi, qui a affirmé que le Congrès allait "examiner" avec attention le contrat signé.
A la surprise générale, le Pentagone a choisi vendredi EADS et Northrop Grumman pour ravitailler en vol les avions de l'armée de l'Air, au détriment de son rival Boeing. Ce méga-contrat porte sur 179 appareils pour quelque 35 milliards de dollars. "Vu les ramifications de cette décision pour les Etats-Unis, l'armée de l'Air doit expliquer au Congrès comment elle correspond aux besoins à long terme de notre défense et des Américains", a estimé Nancy Pelosi. "A-t-on prêté suffisamment d'attention à l'impact de ce contrat sur les emplois en Amérique et sur notre sphère technologique?" demande encore la plus haute responsable du Congrès.
McCain dénonçait les conivences entre Boeing et le Pentagone
L'attribution du contrat des avions ravitailleurs à EADS, une véritable gifle pour l'avionneur américain Boeing, avait déjà provoqué la colère des sénateurs de l'Etat de Washington et du Kansas, qui ont écrit lundi au secrétaire à la Défense Robert Gates pour lui demander que l'armée de l'Air justifie sa décision à Boeing d'ici à la fin de la semaine. La sénatrice démocrate de l'Etat de Washington s'était aussi montrée particulièrement en colère, estimant que le contrat représente "un plan de relance européen financé par les contribuables américains", alors qu'il faudrait selon elle "investir dans l'industrie aéronautique américaine et ses emplois à hauts salaires et hautes qualifications".
L'US Air Force avait attribué à l'origine, en 2003, un contrat de location-vente à Boeing pour ses ravitailleurs. Mais ce contrat avait finalement été annulé après la découverte d'irrégularités, qui ont valu la prison à deux responsables de l'avionneur américain, et poussé le secrétaire à l'Armée de l'air américaine de l'époque à la démission. John McCain, sénateur de l'Arizona et actuel candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle américaine de novembre, avait à l'époque activement dénoncée la connivence entre le Pentagone et Boeing dans cette affaire. Le contrat avait ensuite été remis en jeu.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




