© AFPJérôme Kerviel, le trader soupçonné de falsifications aux dépens de la Société Générale, a pour la première fois été confronté jeudi à l'un de ses supérieurs hiérarchiques dans le bureau des juges d'instruction. La confrontation, qui a duré près de six heures jeudi après-midi, l'a opposé à son chef direct à la Société Générale, le responsable adjoint du "desk Delta One", spécialisé dans l'arbitrage et sur lequel travaillait le jeune trader de 31 ans.
Les magistrats s'intéressent aux conditions dans lesquelles le trader a réalisé ses opérations entre 2005 et début 2008 sans que ses supérieurs hiérarchiques ne réagissent aux multiples alertes émises par les services de contrôle de la banque. Dans un rapport d'enquête interne, l'inspection générale de la Société générale a justifié le 20 février "l'absence d'identification de la fraude" par "l'efficacité et la variété des techniques de dissimulation utilisées par le fraudeur", par "le fait que les opérateurs n'approfondissent pas systématiquement leurs vérifications" et enfin "par l'absence de certains contrôles".
Kerviel déjà entendu à quatre reprises
Au centre de l'enquête également, un SMS qu'aurait envoyé un médecin du travail de la Société Générale à Jérôme Kerviel, la veille de la révélation par le PDG de la banque de la fraude massive. Ce message, selon Le Parisien, disait :"Attention, une information va sortir. Protégez-vous, mettez-vous au vert". Ces deux phrases ont suscité une polémique dans l'entourage du trader, écrit le quotidien. Les proches de Jérôme Kerviel se demandent si la banque n'a pas essayé de faire de son trader un homme en fuite. Pour un avocat de la SoGé, cette version "n'a aucun sens". Dans Le Parisien, il avance que l'auteur de ce SMS pensait que "la pression médiatique serait telle que ce n'était pas la meilleure chose d'être à Paris ou à Neuilly à ce moment-là". Le médecin du travail devrait être prochainement entendu par les juges.
Auparavant, Jérôme Kerviel, placé en détention provisoire le 8 février, a été entendu à quatre reprises sur le fond du dossier par les juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset depuis sa mise en examen le 28 janvier pour "faux et usage de faux", "introduction dans des systèmes de données informatiques" et "abus de confiance".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




