© DRLe rachat d'Alitalia par Air France est loin d'être gagné. Les syndicats italiens de la compagnie en pleine crise ont rejeté vendredi la nouvelle proposition d'Air France-KLM confirmant 2.100 licenciements en cas de rachat d'Alitalia par le groupe franco-néerlandais
Soulignant que la nouvelle proposition "reprend en substance ce qui avait déjà été présenté aux syndicats" le 25 mars dernier, huit des neuf organisations syndicales d'Alitalia "confirment qu'ils l'estiment insuffisante" dans un communiqué conjoint. Seul l'Anpac, le syndicat des pilotes d'Alitalia, n'a pas signé ce document mais il avait déjà totalement rejeté dans la journée la nouvelle proposition du groupe franco-néerlandais. Air France-KLM a de son côté refusé vendredi de commenter l'annonce
Reprise des négociations
Les syndicats considèrent cependant également "d'une importance fondamentale la poursuite des négociations" afin de "protéger les intérêts de tous les travailleurs d'Alitalia". Le projet d'accord-cadre confirme la suppression de 2.100 emplois mais prévoit l'intégration de 4.190 des 7.400 salariés de l'activité de maintenance AZ Servizi, contre 3.300 environ évoqués précédemment.
La proposition d'Air France-KLM est accompagnée d'une lettre de son PDG Jean-Cyril Spinetta, décrivant sa "vision stratégique" pour l'avenir de la compagnie italienne. "Nous ne pouvons aller plus loin sans remettre en cause les fondements mêmes de notre projet pour Alitalia", y écrit-il. Air France-KLM conditionne le lancement de son offre sur Alitalia au feu vert de chaque catégorie de personnel.
Faillite à court terme
Jean-Cyril Spinetta doit maintenant se rendre lundi à Rome pour discuter à nouveau avec les syndicats de ce plan. La compagnie devrait décider dans la journée d'accorder un nouveau délai aux syndicats pour négocier avec Air France-KLM. S'ils doivent trouver un accord, ils devront le faire au plus vite : Alitalia est menacée de faillite à court terme. La compagnie en crise a demandé un prêt-relais de 300 millions d'euros à l'Etat italien pour tenir jusqu'à la recapitalisation d'un milliard d'euros promise par Air France-KLM en cas de rachat.
Le sort d'Alitalia est au centre de la campagne pour les législatives italiennes des 13 et 14 avril, le chef de la droite Silvio Berlusconi ayant affirmé qu'il s'opposerait au projet d'Air France-KLM. Il a aussi évoqué la mise sur pied d'une contre offre italienne mais les investisseurs qu'il a cités ont démenti tout intérêt. Un nouveau coup de bluff du cavaliere?
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