Laurence Parisot © LCI| Qu'est-ce que l'UIMM ? |
Dialogue de sourds entre l'UIMM et le Medef. La présidente des patrons a réclamé en vain mardi à la fédération de la métallurgie de lui remettre tous ses mandats de représentants, estimant qu'une remise à plat était nécessaire. "Une seule fédération ne peut pas représenter l'intérêt général de toutes les entreprises françaises", a estimé la présidente du Medef mardi soir sur France 3. Une intervention qui a laissé perplexe l'UIMM, qui "s'étonne de l'opportunisme du Medef alors que dans quelques jours, l'UIMM sera l'une des organisations les plus transparentes et modernes du pays". La fédération avait souligné mardi dans la journée qu'elle entendait quoi qu'il arrive "conserver l'ensemble des mandats de l'institution". Mais Florence Parisot ne veut pas transiger sur cette question, rappelant que les mandats détenus par l'UIMM représentent "les mandats les plus importants". C'est pourquoi, elle a souhaité mardi soir qu'ils soient remis "dans les mains des chefs d'entreprise" et "les sortir des mains des hommes ou des femmes d'appareil".
Une rencontre au sommet entre le Medef et l'UIMM a eu lieu mardi. Florence Parisot voulait "demander des éclaircissements" à l'UIMM sur les contrats négociés entre la fédération et son ancien président, Denis Gautier-Sauvagnac, mis en examen dans l'affaire des retraits suspects de fonds dans les caisses. L'indemnité de départ de 1,5 million d'euros accordée à Gautier-Sauvagnac a déclenché les foudres du monde politique et syndical, et la colère de Florence Parisot. Face à cette vague de contestation, l'instance dirigeante de l'UIMM a joué le compromis en annonçant le "réexamen" de cette indemnité et le départ définitif de Denis Gautier-Sauvagnac, qui était toujours délégué général.
"On égare l'attention des citoyens sur cette affaire"
De son côté, François Bayrou s'est inquiété de savoir où étaient passés les 19 millions d'euros distribués par Denis Gauthier-Sauvagnac lorsqu'il était président de l'UIMM. "J'invite la police et la justice à s'intéresser au sujet principal et pas au sujet secondaire", a déclaré le président MoDem. Pour le député béarnais, "on est en train d'égarer l'attention des citoyens sur cette affaire". "La question principale n'est pas la question des indemnités de Denis Gauthier-Sauvagnac, mais où sont passés les 18 ou 19 millions d'euros par lesquels on a prétendu qu'on fluidifiait - un mot qui restera dans l'Histoire - le dialogue social?", s'est interrogé l'ancien candidat centriste à la présidentielle.
Xavier Bertrand a estimé mercredi sur RTL que la future loi sur la certification des comptes des organisations patronales et syndicales aiderait à ne "plus jamais constater ce type de dérives". La loi, qui doit être adoptée cette année, a pour but "qu'on ne puisse plus jamais constater ce type de dérives, qu'il n'y ait plus de sortie de capitaux sans qu'on sache exactement comment c'est sorti et où c'est arrivé, qu'il y ait une traçabilité complète", a conclu le ministre.
D'après agence
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