Soupçons d'entente

le 26 mars 2008 à 00h38 , mis à jour le 26 mars 2008 à 15h26

Trois grandes banques mutualistes françaises ont été perquisitionnées la semaine dernière dans une affaire d'"entente sur des taux de crédit immobilier".

banque guichet argent

Les banques ont-elles passé des accords secrets entre elles sur les  taux des crédits immobiliers ? Des perquisitions ont eu lieu la semaine dernière aux sièges de trois grandes banques mutualistes françaises, ont indiqué mardi les établissements, confirmant une information du site Mediapart faisant état d'une "entente sur des taux de crédit immobilier". Les groupes concernés sont les Caisses d'Epargne, le Crédit Agricole et les Banques Populaires. Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la Consommation, a réagi mercredi à l'annonce de cette enquête en déplorant que les consommateurs "paient la facture" de telles pratiques.

Selon une source proche du dossier, les ordinateurs des dirigeants de la Caisse d'Epargne auraient été saisis, dont ceux de Charles Milhaud (président), Nicolas Mérindol (directeur général) et Guy Cotret (membre du directoire en charge des ressources humaines, de l'informatique et de l'exploitation bancaire). Au siège fédéral du groupe Banque Populaire, les enquêteurs, intervenus mardi dernier, ont saisi des documents appartenant à certains dirigeants du groupe, selon une source proche de la banque. Le Crédit Agricole a aussi confirmé qu'une perquisition avait eu lieu au siège du groupe, à la suite de réclamations concernant des renégociations de crédit. "On se tient à la disposition de l'admnistration", a indiqué une porte-parole.

Ces perquisitions ont été menées par la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF), épaulée par des enquêteurs de la Brigade financière. Selon le site d'information Mediapart, "la DGCCRF chercherait à réunir les preuves établissant que plusieurs groupes bancaires, dont les Caisses d'épargne, le Crédit agricole ou encore les Banques Populaires, ou leurs structures régionales, se sont entendus sur des niveaux de taux de crédit (essentiellement dans le cas du crédit immobilier)". "Ces pratiques auraient été constatées dans certaines régions, en particulier dans l'ouest de la rance et dans les régions du centre et du Massif central. Certaines banques ou succursales se seraient entendues de sorte qu'un client ayant obtenu un crédit dans sa banque ne puisse pas démarcher une banque concurrente dans l'espoir d'obtenir une renégociation de son prêt à des conditions plus avantageuses", ajoute Mediapart.

le 26 mars 2008 à 00:38
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