Trop de CDD chez Nestlé ?

le 07 mars 2008 à 12h47 , mis à jour le 07 mars 2008 à 13h09

Une cinquantaine de salariés des Vosges attaquent le groupe devant les prud'hommes après avoir accumulé plusieurs centaines de CDD.

Vitrine d'une agence d'intérimVitrine d'une agence d'intérim © DR

Sur les 1800 salariés (chiffres syndicaux) que Nestlé-Waters emploie sur les sites vosgiens de Vittel et Contrexéville, plusieurs centaines travaillaient en CDD il y a cinq ans, accuse la CGT. Aujourd'hui, cinquante-quatre salariés, ayant accumulé plusieurs centaines de contrat à durée déterminée sur les sites de Vittel et Contrexéville, attaquent l'entreprise devant le conseil des prud'hommes d'Epinal pour demander leur intégration au groupe. Certains d'entre eux ont travaillé en CDD pendant douze ans pour le groupe sans obtenir un contrat à durée indéterminée.

"On demande une requalification des CDD en CDI et une indemnisation pour le préjudice subi. On leur a fait miroiter des embauches pendant des années", a souligné Christophe Hummel, secrétaire CGT Nestlé-Waters, pour qui les plaignants sont des salariés "comme les autres" qui travaillent "toute l'année sur les sites".

"Nestlé, créateur de précarité"

Une trentaine de salariés s'est réunie vendredi matin devant le conseil des prud'hommes d'Epinal, où cinq d'entre eux ont déposé les dossiers des plaignants, regroupés en cinq lourds cartons, tandis que leurs collègues chantaient l'Internationale. Des banderoles "Nestlé, créateur de précarité" ou encore "Avec Nestlé, les CDD sont jetés" étaient plantées devant le bâtiment. "On n'a le droit à rien. En douze ans, j'ai fait près de 270 CDD pour Waters. A un moment, j'ai travaillé deux ans et demi d'affilée sans prendre de vacances. J'ai aussi fait plein de contrats d'un jour. Et il m'est impossible de faire un prêt. C'est la précarité complète", a estimé Gérard Gillet, 36 ans.

Depuis début 2008, les salariés ne sont en outre plus embauchés en CDD mais en intérim, a dénoncé la CGT. "Je ne travaillerai donc plus pour eux. Avec ce nouveau système, on perd même notre ancienneté", a réagi Gilles Albert, 55 ans, recordman du nombre de CDD avec 328 contrats réalisés en 8 ans. "En créant un matelas de salariés qui sert de variable d'ajustement permanente, de plan social permanent, la direction a transgressé la loi en toute connaissance de cause", a observé l'avocat des salariés, Me Ralph Blindauer. "La tolérance zéro doit aussi être appliquée pour ce genre de délinquance".

D'après agence

le 07 mars 2008 à 12:47
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5 Commentaires

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  • JULIEN, le 07/03/2008 à 16h58

    Je tiens a réagir à la déclaration de "Mumus, Elancourt" qui nous dit que les personnes qui travaillent en CDD le veulent bien. Je trouve cette déclaration scandaleuse completement infondée !!! Il faut avoir un boulot bien payé et en CDI pour réagir comme ça. Il existe trés certainement des personnes qui aiment travailler en CDD mais c'est personne là ne demande rien à personne. Là pour le cas Nestlé, se sont des pére et des méres de famille qui demande une régularisation de leur situation, qui demandent de faire vraiment parti intergrante de leur société pour qui ils travaillent depuis si longtemps ! et qui demandent tout simplement à beneficier des droits du travailleurs (5 semaines de congés par an, etc...) Ne jugeont pas sans savoir !

  • Michel, le 07/03/2008 à 14h49

    Aujourd'hui, cinquante-quatre salariés, ayant accumulé plusieurs centaines de contrat à durée déterminée sur les sites de Vittel et Contrexéville, attaquent l'entreprise devant le conseil des prud'hommes d'Epinal pour demander leur intégration au groupe. Je pense que celà infirme votre réaction Mumus... Ils demandent une intégration en CDI et n'ont pas monté une arnaque au CDD. Merci de me publier.

  • Alain, le 07/03/2008 à 14h43

    Nestlé, créateur de précarité ? Alors la Poste aussi puisqu'elle a été condamnée par la justice pour s'être servie à outrance de CDD. Qu'en dit l'ineffable CGT ????

  • Tof, le 07/03/2008 à 14h27

    Je ne sais pas d'ou débarque mumu mais moi je viens de me taper 5 ans de cdd dans le public et j'ai ni le droit aux primes de précarité ni aux primes de congés. ce qui se passe est bien simple les employeur préfère les cdd comme ça c'est plus facile de viré les gens quand ils ont plus besoin d'eux.

  • Mumus, le 07/03/2008 à 13h25

    Je tiens à tempérer cette belle envolée syndicaliste à la rescousse des pauvres salariés en C.D.D. beaucoup d'entre eux préfèrent travailler avec ce type de contrat car d'une part ils ne sont pas motivés par l'emploi qu'ils occupent et d'autre part, cela leur permet de percevoir immédiatement un salaire plus conséquent avec les C.P. et la prime de précarité. Donc, ils refusent de signer un C.D.I., ils percoivent un salaire plus élevé et au bout du compte, attaquent l'employeur pour abus de C.D.D. et repassent à la caisse. Les entreprises confrontées à ce genre de problèmes seraient bien avisée de faire signer le refus de C.D.I. de ces personnes, dans la mesure ou la loi et le code du travail le permet, car n'en déplaise aux syndicats, le code du travail est une usine à gaz, truffé de pièges et de chausses-trappes en tous genres.

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